En décembre 2015, les chercheurs de l’Open University, université à distance du Royaume-Uni, ont publié la 4ème édition de leur rapport annuel « Innovating pedagogy ». Cette publication a pour objectif de décrire les principales tendances qui vont impacter nos manières d’apprendre et d’enseigner dans les années à venir. Parmi les tendances les plus fortes mises en avant dans la dernière édition : le « crossover learning », ou apprentissage croisé. Pour les chercheurs de l’Open University, cette tendance aura un impact « fort » dans le domaine de la pédagogie à l’horizon de 2 à 5 ans.

De quoi parle-t-on ?

L’ croisé désigne la connexion entre les connaissances « formelles » apprises en cours, et les apprentissages informels de la vie de tous les jours, acquis lors d’activités personnelles, culturelles, de loisirs, ou lors de stages.

En effet, selon le site Knowledge Jump, les apprentissages peuvent résulter de scénarios variés :

  • l’apprentissage peut être formel ou informel, selon le fait que les objectifs de l’apprentissage soient déterminés par l’institution dans le premier cas, ou par l’apprenant dans le second cas.
  • l’apprentissage peut également être soit intentionnel, soit fortuit : dans un cas, l’apprenant ou l’institution définissent des connaissances, compétences et savoir faire précis à acquérir. Dans le second, en revanche, l’apprenant n’a pas d’objectifs conscients d’apprentissage.

Quelles conséquences pour les dispositifs d’apprentissage ?

Inventer de nouveaux scénarios d’apprentissage

La reconnaissance accrue des apprentissages informels est une opportunité pour les pédagogues de réfléchir à des expériences hors des salles de cours. Ainsi, un professeur peut emmener ses élèves au musée pour approfondir des sujets vus en classe, ou imaginer des exercices pratiques plus éloignés du cursus pratique. Ainsi, un professeur de Littérature Américaine aux Etats-Unis a testé une approche « crossover learning » en demandant à ses étudiants de fabriquer leurs propres chaises. Résultats : ces derniers ont développé, outre des savoir-faire en bricolage, des compétences moins directes autour de la résolution de problèmes, de la communication et de la collaboration.

Réfléchir à l’évaluation des apprentissages informels

L’autre question qu’amène à se poser la tendance de l’apprentissage croisé est la manière d’évaluer et de reconnaître ces apprentissages. En effet, si l’évaluation des savoirs théoriques est une pratique bien ancrée dans les parcours scolaires et professionnels, plus dur est d’évaluer les connaissances, compétences et savoir-faire acquis en dehors des canaux habituels ! Cela nécessite notamment d’organiser des temps de réflexion pour permettre aux apprenants de réfléchir aux savoir-faire et compétences qu’ils ont acquis hors de la structure d’apprentissage

Les théoriciens de l’apprentissage, les pédagogues et les établissements éducatifs ont ainsi déjà commencé à réfléchir autour des dispositifs d’apprentissage croisé et de leur évaluation. Une attention particulière devra donc être portée sur les dispositifs qui émergent dans les années à venir !