Alors que dans beaucoup d’entreprises, l’heure est bientôt – ou vient d’être – au recueil des besoins de formation, une étude vient conforter l’idée que la politique de l’entreprise en la matière joue un rôle significatif dans l’accès effectif des salariés à la #formation professionnelle. C’est désormais établi et chiffré par l’enquête Defis du Cereq. La présence ou non d’un responsable formation (en titre ou non) et sa façon d’exercer sa fonction influent donc significativement tant sur l’évolution du capital humain de l’entreprise que sur l’atteinte de l’un des objectifs phares des réformes successives depuis 2004 : rendre le salarié acteur de son parcours.

Vouloir se former…

Premier résultat, pas si intuitif : il semble que le souhait de se former soit plutôt bien partagé. En moyenne, 68% des salariés interrogés voudraient se former dans les 5 ans à venir. Chez les cadres et les professions intermédiaires, le chiffre monte à 72 et 74%. Il descend à 60% chez les ouvriers. Il y a donc bien une disparité – qu’on aurait peut-être préféré voir dans l’autre sens ! – mais elle n’est pas si considérable.

…et se former vraiment

Quand on regarde le tableau des demandes de formation et des formations effectivement suivies, le décor change. La moitié des cadres ont fait une demande de formation, 56% en ont suivi une au cours des 12 derniers mois. Mais moins d’un ouvrier sur cinq a formulé une demande, 22% ayant été effectivement formés. Il y a donc un net décalage entre l’envie de se former des moins qualifiés et leur capacité à demander – et obtenir – une formation. Par ailleurs, les moins qualifiés choisissent moins souvent leur cursus : il s’agit plus souvent de formations obligatoires ou choisies par l’entreprise, dans les deux tiers des situations. Les cadres ne sont que 49% dans ce cas, et bénéficient davantage de politiques de formation qui leur conviennent, destinées à les récompenser et à les fidéliser.

Le rôle des politiques de formation

Les résultats de l’enquête révèlent cependant que le faible recours à la formation n’est pas une fatalité. Dans les entreprises qui déploient des politiques de formation actives, les salariés tendent à demander et obtenir davantage de formations. Ainsi, lorsque « La formation des salariés occupe une place (très) importante dans les débats entre la direction et les représentants du personnel », la part de ceux qui ont demandé une formation dans les 12 derniers mois monte de 31 à 38%. La présence de délégués du personnel a une influence également, même si elle est un peu moindre : elle fait passer le pourcentage à 35%. Le fait de diffuser de l’information sur la formation ou d’aborder le sujet lors des entretiens l’augmente à 34%. Mais lorsque le salarié a franchi le pas d’évoquer ses besoins de formation pendant l’entretien professionnel, on monte à 47%.