Réforme de la formation professionnelle : « Un pari qui n’est pas gagné ! »

Réforme de la formation professionnelle : « Un pari qui n’est pas gagné ! »

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Economiste reconnu, délégué général à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) de 2008 à 2012 et ex-conseiller social du président Sarkozy (2007-2008), Bertrand Martinot est l’auteur avec Marc Ferracci, pour l’Institut Montaigne, d’une note intitulée Réforme de la formation professionnelle : entre avancées, occasions manquées et pari financier, publiée en septembre 2014. Il répond à nos questions sur la loi du 5 mars 2014, la sécurisation des parcours professionnels, la fin de l’imputabilité et son impact sur les budgets formation des entreprises.  
 Un constat s’impose. En France, le nombre d’actifs moins qualifiés est très (trop) important au regard de l’Allemagne par exemple. Comme je le précise dans Chômage : inverser la courbe*, sur la tranche d’âge 40-65 ans, 20 points peuvent séparer les deux pays. En France, si l’on prend les 45-54 ans, 32% de cette tranche d’âge n’a pas de diplôme du deuxième cycle du secondaire contre 13% des Allemands (Regards sur l’éducation 2013, OCDE). En fléchant davantage de fonds vers le qualifiant, le niveau général de la qualification des adultes pourrait s’accroître, et c’est indispensable.
 Au total, on a choisi de saupoudrer les financements sur 20 millions d’actifs, alors même que les besoins de formation sont très hétérogènes selon les personnes et les secteurs. On aurait dû, au contraire, inviter à flécher plus de moyens vers les salariés qui ont le plus besoin de formation et vers les chômeurs ?Enfin, si le CPF a le succès qu’on en attend, les financements prévus ne sont pas à la hauteur, comme nous le montrons dans la note. Tout dépendra des abondements complémentaires décidés par les branches et les entreprises. Mais aucune évaluation, aucun tableau ressources-emplois n’a été produit. Comment sera régulé le système ? Comment réguler les probables files d’attente ?

La France traîne un problème structurel d’accès à la formation des populations les plus défavorisés… C’est-à-dire celle qui en a le plus besoin. Que la réforme n’aille pas assez loin n’y change rien. Bertrand Martinot présente dans cet interview quelques arguments de poids même si il ne faudrait pas n’ont plus minimisé les impacts de cette réforme qui a bien du mal à se mettre en place.

Repéré depuis Réforme de la formation professionnelle : « Un pari qui n’est pas gagné ! » – RHEXIS

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