La mémoire est une fonction cognitive qui nous permet de saisir, stocker, puis rappeler des informations perçues. C’est facile à comprendre. Même si le mécanisme de la trace mnésique et de sa consolidation reste du domaine de la recherche.

Le chiffre 3 peut nous aider à nous souvenir de la séquence des événements liés à la mise en mémoire. Car mémoriser, c’est : 1, saisir ; 2, stocker ; 3, rappeler.

Ancienne, sensorielle et mouvante

Ce qui a été vécu d’une manière émouvante et sensorielle, peut, à l’occasion d’une mise en situation similaire, faire resurgir la présence d’un souvenir encore bien vivant, alors qu’on le pensait enfoui depuis longtemps. Et c’est cette mémoire ancienne et sensorielle qui fonctionne encore très bien chez les personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Du reste, sans être malade, prêtez-vous à l’expérience. Réécoutez une berceuse ou une valse, appréciez le goût si particulier de tel chocolat croqué dans l’enfance, éprouvez le toucher d’une écorce ou d’une caresse, la vue d’un beau visage ou d’un coucher de soleil, l’odeur du parfum d’une grand-mère bien aimée, des sous-bois où vous alliez chercher du muguet ou des champignons…

Une ou des mémoires ?

Il n’y a pas une mais des mémoires. Et là encore, retenons le chiffre 3. Car on recense à la fois : 1, une mémoire sensorielle ; 2, une mémoire à court terme, encore dite de travail ; et 3, une mémoire à long terme.

Déclarative, ou procédurale

D’abord, une mémoire dite épisodique : c’est le où, quand, et comment, j’ai fait telle chose, mémoire fondamentale à la fois en termes d’adaptation à l’environnement et de sentiment d’identité.

Ensuite, il y a la mémoire que l’on dit sémantique. Elle est très liée au niveau de scolarisation et d’éducation, c’est-à-dire à notre réserve cognitive : elle n’est pas la même selon que nous avons fait peu d’études ou au contraire fréquenté les bancs de l’université ou d’une grande école, si nous avons ou pas un métier stimulant, créatif, ou nécessitant d’entretenir constamment nos compétences, etc.

Enfin, on compte aussi dans cette catégorie une mémoire dite autobiographique, faite de nos souvenirs personnels. In fine, la mémoire déclarative repose sur l’enregistrement de connaissances culturelles ou générales qu’un individu peut faire émerger consciemment avec la mémoire sémantique. Ainsi, le seul fait qu’un homme ait marché sur la lune peut avoir été en rapport avec notre propre vie (par exemple, c’était un moment où l’on était installé devant le poste de télévision des voisins, avec telle ou telle personne…), tout en étant stocké comme un élément du savoir universel.

La mémoire non déclarative, aussi qualifiée de procédurale ou implicite, n’est quant à elle pas accessible à la conscience. Il s’agit de souvenirs se rapportant à des associations et des savoir-faire comme lacer ses chaussures, nager, circuler à vélo, etc. Ces gestes ont été appris par leur répétition, puis stockés dans une mémoire procédurale à long terme qui ne nécessite pas de rappel conscient. Et c’est précisément sur cette mémoire, implicite, non déclarative que nous pouvons nous appuyer très longtemps chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer. Car elle reste très vivace, de même que les souvenirs les plus anciens de l’enfance.

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