Mobile-learning : et si on se bougeait en formation ?

Digital Learning MAG #01 — Janvier 2016

Mobile-learning : et si on se bougeait en formation ?

1.
MOBILisation générale

2.
Les ENTREPRISES sont-elles dans le COÛT ?

3.
TARIF, DISTRIBUTION… S’il te plait, redessine moi un MODÈLE

4.
Penser mobile : l’équation TECHNO

5.
Penser mobile : l’équation PÉDAGO

6.
Questionner les USAGES : leçons de conjugaison

7.
Et DEMAIN ?

Philippe LACROIX

Philippe LACROIX
| co-fondateur — IL&DI

X, Y, Z… Une succession de générations et un rapport à l’« apprendre » en forme d’équation dont les inconnues se créent et se lèvent au rythme de la révolution Internet et des évolutions technologiques.

Du premier smartphone à la montre connectée, 6 ans ont suffit à bouleverser nos habitudes de consommation, notre gestion du temps, notre façon de nous déplacer.

Quid de nos pratiques en formation ? À l’heure où les digital native s’apprêtent à investir les entreprises, Philippe Lacroix, co-fondateur de IL&DI, s’est employé, lors d’un épisode des Learning Happy Hours, à planter le nouveau décor de la formation : petit écran, grande liberté. Mobile-learning, m-Learning, apprentissage nomade… ou l’ensemble des dispositifs de formation conçus pour s’adapter aux smartphones et aux tablettes, sur le fond comme sur la forme, en intégrant les contraintes et les possibilités de la technologie, en adaptant la pédagogie et les modalités d’apprentissage.

Le mobile-learning comment ça marche ? Combien ça coûte ? Quelle ingénierie pédagogique ? Quels usages en formation ? Les éléments de réponses évoluent au rythme du XXIe siècle.

Sur la base de l’intervention de Philippe, nous vous proposons ici une réflexion en l’état actuel des technologies éprouvées, au vu de pratiques expérimentées ou expérimentales, accompagnée de ressources complémentaires que vous pourrez consulter via votre smartphone ou tablette en scannant les QR-codes que vous rencontrerez (dans la plupart des cas, vous trouverez également une url pour accéder à ces mêmes ressources).

1.
MOBILisation générale

2,8 milliards d’internautes dans le monde, des ventes de tablettes qui ont dépassé les ventes d’ordinateurs, 5,3 milliards de téléphones portables en circulation (dont plus de 3 milliards de smartphones)

Aux États-Unis et au Royaume-Uni, le temps de consultation du mobile a dépassé celui de l’ordinateur.

Source : rapport KPCB 2015 sur les tendances Internet – http://fr.slideshare.net/kleinerperkins/internet-trends-v1

Au-delà des chiffres et du trend de croissance, ce sont les attentes et les comportements des internautes devenus « mobinautes » qui ont été profondément modifiés. Le haut débit (en 2017, 50 % du trafic mobile dans le monde devrait bénéficier de la 4G) et le mobile ont libéré le temps et aboli l’espace et rendu abordable la production de contenu compatible avec les terminaux mobiles. La consultation des contenus multimédia sur mobile est désormais fluide et ergonomique.

Connecté, partout, tout le temps : born to be online !

On dénombre environ 1,4 million d’applications rien que dans l’App Store d’Apple. Chaque détenteur de smartphone dispose en moyenne de 41 applications. Faire du shopping, lire, réserver une place de cinéma, jouer, communiquer… la vie courante se déroule désormais largement sur mobile. Nous privilégions la souplesse, la liberté et nous entendons choisir le moment opportun pour nos activités. Commencer une activité, s’interrompre, reprendre à son gré simplement : le zapping comme style de vie.

Et ce n’est qu’un début. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder vivre la génération Z et sa petite sœur (« les enfants du millénaire », nés au XXIe siècle) : joignable à tout moment, impatiente parce qu’habituée à obtenir très rapidement une réponse adaptée à ses besoins. Posséder n’est plus sa priorité. Son schéma de construction mentale, formaté par les nouvelles technologies, l’amène à partager, collaborer, trier, classer de façon moins cartésienne que ses aînées. Pourtant, les nouvelles générations ne sont pas « geek » par essence. Elles baignent dans le digital et profitent de la facilité d’utilisation et de la convivialité induites par les technologies mobiles.

Dans ce contexte, retenir des apprenants dans une salle plusieurs jours ou devant un écran plusieurs heures correspond donc de moins en moins aux attentes et aux habitudes. Si les expériences de mobile-learning restent encore discrètes, les entreprises sont en voie de mobilisation, encouragée par des problématiques d’optimisation des coûts.

2.
Les ENTREPRISES sont-elles dans le COÛT ?

Si les réflexes des internautes devenus « mobinautes » peuvent encore être considérés comme nouveaux, OPTIMISATION est un mot d’ordre qui a fait son apparition voilà déjà plusieurs années dans l’entreprise et qui devrait rester d’actualité un certain temps.

Sur fond de crise économique installée, les entreprises cherchent des leviers de réduction des coûts et de croissance des performances individuelles. Pour obtenir des résultats quantifiables à court terme, les décideurs sont capables d’impulser des changements notables dans leurs stratégies de gestion des coûts et des équipes. Ces objectifs de rationalisation du couple temps/argent concourent à l’essor du #e-learning et, à l’avenir, du mobile-learning si la performance et les résultats opérationnels sont au rendez-vous.

Le baromètre de l’Afinef sur le e-learning illustre ces tendances :

Source : Baromètre du e-learning en France réalisé par l’Afinef.
http://www.afinef.net/wp-content/uploads/2014/10/Barometre-e-learning-2015.pdf

Contrairement au marché français, aux États-Unis, le mobile-learning est largement répandu dans les grandes entreprises. une étude du cabinet Brandon Hall a montré que 73 % des sociétés interrogées (toute taille confondue) utilisaient déjà des solutions de mobile-learning et 87 % entendaient accroître cette modalité de formation prochainement.

3.
TARIF, DISTRIBUTION… S’il te plait, redessine moi un MODÈLE

#01-3_B.Modeles

Les bonds technologiques successifs et l’émergence des applications mobile ont entraîné dans leur sillage une véritable mutation des modèles de distribution et des grilles tarifaires associées. La consommation via les différents « store » d’applications a divisé les prix par 10. Aujourd’hui, on consomme « freemium » (ou « Free2play ») et « in-app » ou « pay-per-use».

Le modèle « Licence » reste de mise chez les offreurs de services (le #e-learning ne fait pas exception) qui peinent à faire progresser leur chiffre d’affaires, alors que la souplesse des modèles économiques qui prévalent en matière d’applications mobiles incitent le consommateur à dépenser plus. En 2013, aux États-Unis, le chiffre d’affaires des applications freemium a dépassé celui des applications premium.

Selon le cabinet App Annie, spécialisé dans l’analyse des tendances du marché des applications mobiles, on constate une nette domination du modèle « in-app » alors que les applications payantes perdent du terrain.

En matière de jeux, les revenus « in-app » s’établissent à 7€ en moyenne, soit 2 fois plus que les revenus générés par les jeux de console vendus en moyenne 40€.

Une tendance lourde qui plaide en faveur des modèles de tarification souples et qui devrait susciter une réflexion sur la politique tarifaire des solutions de mobile-learning.

4.
Penser mobile : l’équation TECHNO

Les tailles d’écran se réduisent. Le format d’affichage devient plus contraignant. La lecture verticale tend à prendre le pas sur la lecture horizontale dans les jeunes générations. Le #BYOD (Bring your own device) est au bout de la route et le chemin n’est plus très long. L’adaptation des formats est impérative.

Source : www.floatlearning.com

Côté développement, le “responsive design” permet au contenu web de s’adapter à la taille de l’écran. De même, du côté des formats utilisés, remplacer le texte du grand écran par de l’audio ou de la vidéo permet un meilleur rendu sur smartphone et tablette. Attention, la vidéo aussi se met au vertical : largement décrié, ce format peu naturel est en plein essor. Pour les plus réticents, un format carré permet de réconcilier les adeptes des deux positions : horizontale et verticale.

Une alternative ? Produire une application native (“Native app”) parfaitement adaptée au terminal mobile. Mais cette solution n’est pas forcément à privilégier lorsque la diffusion visée se veut la plus large possible.

Côté outils et standards, le Flash est mort. “Mégavore”, il s’est disqualifié. Doit-on pour cela se focaliser sur du HTML 5 ? Pas nécessairement. Du HTML ou du DHTML fonctionnent parfaitement sur les terminaux mobiles quel que soit le format de contenu.
Côté BYOD, les entreprises ont encore du mal à ouvrir leur SI (système d’information) à nos “devices” personnels et à les inscrire dans un schéma directeur guidé par des problématiques de sécurité difficilement conciliables avec la liberté et la souplesse. Mais que l’on ne s’y trompe pas, le mouvement est enclenché et l’entreprise pourrait, après avoir réglé ses inquiétudes relatives aux droits d’accès et à la protection de ses données délocalisées, y trouver son compte en déplaçant, sur ses collaborateurs, le coût d’équipement en terminaux mobiles.

5.
Penser mobile : l’équation PÉDAGO

À écran plus petit, grain raccourcis

Il est indispensable de redécouper le contenu habituellement diffusé sur un écran d’ordinateur en grains plus fins. Mais concision ne signifie pas platitude : rédiger percutant peut éviter de décourager les apprenants, plus volatiles dans un contexte d’#apprentissage nomade.

Y, Z : générations « serial learners » ?

Connectés, nomades, zappeurs, les « digital native » jouent, surfent et interagissent via leur smartphone des heures durant.

Pour la petite histoire, en 2012, 91 % des 28-35 ans utilisaient leur mobile aux toilettes !
(Source : NY Times – 2012)

Sur mobile, la concentration de l’apprenant est certes plus rapide à mobiliser mais le temps de cerveau disponible s’amenuise. Intégrer de l’image, du son, de la vidéo constitue une réponse adaptée.

De même, les ressorts de la #gamification se révèlent des leviers forts d’engagement des apprenants : proposer un mode de « scoring » basé sur l’acquisition de badges ou sur des défis à relever. Et qui dit défi, pense communauté et partage. En matière de #mobile-learning, les interactions entre apprenants, l’enrichissement mutuel qui en résulte et la collaboration sont à intégrer comme modalité d’apprentissage #informel.

Dessin : Wazem.

Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1deafca0-0295-11e4-b15c-92443eee623d/Le_jeu_est_lavenir_du_travail

6.
Questionner les USAGES : leçons de conjugaison

Une fois maîtrisées les contraintes techniques et pédagogiques induites notamment par la taille de l’écran, les usage du mobile en formation s’avèrent variés et complémentaires d’une action de formation plus classique à distance ou en salle.

Avant, pendant, après… les activités pédagogiques sur mobile se conjuguent à tous les temps de la formation. Restent à trouver le ton juste et l’habillage « sexy » qui engagent l’apprenant… 3 Leçons en 3 temps et des combinaisons infinies d’activités pour impliquer l’apprenant et maximiser l’efficacité de la formation.

  • Leçon n°1 : Capter son attention.
  • Leçon n°2 : Le captiver.
  • Leçon n°3 : Faire durer le plaisir.

Avant : capter son attention

Difficile aujourd’hui de trouver plus adapté que le mobile pour communiquer directement avec les futurs apprenants et commencer à créer du lien.

Quelques pistes proposées par Philippe Lacroix, pour capter l’attention et ajuster le contenu, avant même la #formation :

  • Préciser les attentes des apprenants (par un sondage, par exemple)
  • Présenter une offre de formation par un teaser percutant
  • Inviter les apprenants (par email puis sms)
  • Tester les pré-requis

Pendant : le captiver

En salle, les smartphones et tablettes ont trouvé leur place et prennent tout leur sens pour interagir avec l’apprenant.

Concrètement, quel intérêt d’intégrer le smartphone ou la tablette dans la salle ?

  • Diffuser la présentation en salle et directement sur le terminal mobile de l’apprenant en parallèle
  • Enrichir la formation de ressources complémentaires accessibles (via un #QR-code à scanner, par exemple)
  • Interagir en salle (concevoir un jeu en salle en intégrant les réponses sur des cartes à scanner via un #QR-code, par exemple)
  • Évaluer les connaissances (via des questionnaires d’évaluation formatifs ou sommatifs en ligne diffusés sur le mobile l’apprenant)

Après : faire durer le plaisir

Laisser les contenus à disposition des apprenants afin qu’ils puissent les revoir et réviser, envoyer des questionnaires à froid, poursuivre les échanges via les réseaux sociaux… Les usages post-formation sont également multiples.

7.
Et DEMAIN ?

Pour résumer, mixer les modalités en connectant les pratiques de formations aux attentes des générations montantes n’est plus aujourd’hui une option. La formation n’est plus une pièce de théâtre avec son unité de temps, de lieu et d’action et un face à face acteur/spectateurs. Elle peut s’inviter partout et à tout moment dans des tranches de vie de l’apprenant devenu acteur de sa propre montée en compétence.

 

Et demain, c’est en immersion virtuelle que nous formerons et serons formés. Réalité augmentée, lunettes et objets connectés, géolocalisation sont déjà là pour nous projeter dans une expérience de formation enrichie.
A suivre donc…

2018-01-16T18:00:09+01:00

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