Les recherches en neurosciences ont connu un développement fulgurant au cours des dernières années. Pour le meilleur… et malheureusement aussi pour le pire. Car si ces recherches permettent de mieux comprendre l’être humain, leur propos peut être détourné et déformé, à tort et à travers. C’est ce que nous allons voir dans le cas des neuromythes.

Mais avant de plonger directement dans le sujet, je vous propose de répondre par “Vrai” ou “Faux” aux propositions suivantes. Prêts ? C’est parti :

  • Les individus apprennent mieux si l’information leur est communiquée en fonction de leur style d’apprentissage préféré (ex. auditif, visuel, kinesthésique…).
  • Les personnes à dominance hémisphérique droite sont plus créatives que les personnes à dominance hémisphérique gauche.
  • On utilise que 10% de notre cerveau.
  • L’âge de 3 ans constitue une période critique au-delà de laquelle les enfants éprouvent des difficultés à apprendre de nouvelles choses.
  • Parmi les différents types de personnalités existants, les individus peuvent être catégorisés comme étant soit introvertis, soit extravertis.

Si vous avez répondu “Vrai” à l’ensemble (ou à la majorité) des propositions ci-dessus, félicitations… car vous êtes tombé dans le panneau ! En effet, toutes ces propositions sont fausses. Et si vous y avez répondu positivement, c’est bien la preuve que OUI, les neuromythes sont parmis nous.

Un neuromythe, c’est quoi ?

D’après Steve Masson – professeur à l’UQAM et directeur du Laboratoire de Recherche en Neuroéducation – un neuromythe est une “croyance erronée à propos du fonctionnement de notre cerveau.”

Au-delà du fonctionnement de notre cerveau, on retrouve également sous l’appellation “neuromythe” une série de mythes liés à des croyances erronées à propos de notre fonctionnement psychologique en général. En anglais, nombreux sont les mots-clés qui regroupent, au final, des mythes divers et variés : “brain myths”, mais aussi “learning myths”“psychological myths”“developmental myths”

Globalement, les neuromythes peuvent prendre plusieurs formes :

  • UN FAIT SCIENTIFIQUE DÉPASSÉ
  • UNE SIMPLIFICATION EXCESSIVE
  • ABSENCE DE SOURCES

On pourrait représenter ces critères au moyen d’une équation simple :
(Fait / Typologie x Sexyness) + Allure (neuro)scientifique = Neuromythe

Rajoutez à cela un bon relais de communication (réseaux sociaux, influenceurs…), et le mythe prolifère. Un peu à la manière des “fake news” qui se trouvent au centre de l’actualité depuis quelques temps, notamment sur Facebook.

Quelques neuromythes parmi les plus populaires

  • TOUT SE JOUE AVANT L’ÂGE DE 3 ANS
  • LE PRINCIPE DE DOMINANCE HÉMISPHÉRIQUE
  • L’EFFICACITÉ DES STYLES D’APPRENTISSAGE
  • ON UTILISE QUE 10% DE NOTRE CERVEAU

Quels sont les risques posés par les neuromythes ?

Si certains mythes peuvent sembler inoffensifs de prime abord, ils posent chacun à leur manière des risques concrets :

  • RISQUE 1 : PRENDRE DE MAUVAISES DÉCISIONS
  • RISQUE 2 : COINCER LES INDIVIDUS DANS DES CASES

Neuromythes, neurobullshit ? Comment construire son propre détecteur

Même s’ils sont bien présents dans notre quotidien, il existe heureusement plusieurs manières de les identifier. Pour ce faire, je vais vous proposer d’examiner 3 ensembles de données :

  1. des données relatives à l’auteur qui avance un fait neuroscientifique (ou le prestataire),
  2. des données relatives aux sources mentionnées et utilisées,
  3. et enfin, le fait scientifique avancé en tant que tel (ou l’outil).

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Repéré depuis http://www.davidvellut.com/les-neuromythes-sont-parmi-nous/