Un ajustement en temps réel

Si chaque plate-forme d’adaptive learning possède sa propre méthodologie, le plus souvent tout commence par un test de positionnement de type quiz. L’élève répond à des questions catégorisées selon leur niveau de difficultés. En fonction de son taux de réussite, l’algorithme lui soumet un parcours adapté à sa maîtrise du sujet, sa vitesse de compréhension. « Si l’élève ne réussit pas un exercice, la machine lui en propose d’autres jusqu’à ce que la compétence soit acquise », détaille Caroline Maitrot.

Adaptation permanente

Près de quatre-vingt ans plus tard, la « machine à apprendre » a cédé la place à sa version numérique : l’adaptive learning. La personnalisation des apprentissages se fait désormais de façon automatisée à partir de la collecte et de l’analyse des données laissées par les utilisateurs. « Les traces sont utilisées pour alimenter en permanence l’intelligence artificielle (IA) et améliorer la performance des programmes. Ainsi, si beaucoup d’apprenants échouent sur le même exercice, son niveau de difficulté est revu à la baisse par l’algorithme et vice-versa », détaille Matthieu Cisel. L’IA est également mobilisée pour adapter les choix de ressources pédagogiques et définir le séquencement de ces apprentissages en vue d’acquérir une compétence.

Un argument de vente

Face aux promesses de l’adaptive learning, les entreprises de Edtech sont nombreuses à s’être lancées sur ce marché et à en faire un argument de vente. Au détriment parfois de la qualité. « Certains programmes reposent sur des représentations erronées », regrette le dirigeant de Didask. La croyance en l’existence d’intelligences multiples en fait partie. « L’idée, encore très répandue, selon laquelle il existerait différents styles d’apprentissage – auditif, visuel… – et qu’il faut personnaliser l’enseignement en fonction du style de chacun, est fausse. C’est une théorie qui ne se vérifie pas dans les faits. » Dans le même temps, selon lui, des questions majeures, comme aider les enseignants à créer du contenu numérique de qualité, sont sous-investies. « Le problème est que beaucoup d’acteurs viennent de la technique et ne maîtrisent pas les enjeux pédagogiques. »

Rien d’étonnant alors à ce que le principal débouché des EdTech se trouve du côté de la formation continue. Un marché plus simple à pénétrer et où la relation avec l’enseignant est moins déterminante dans la réussite des apprenants.

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Repéré depuis https://www.lemonde.fr/education/article/2021/05/20/l-adaptive-learning-une-revolution-dans-l-enseignement_6080819_1473685.html

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