Mettre à jour nos représentations de l’intelligence n’est pas inutile dans le contexte actuel d’une économie de la connaissance. Il est aujourd’hui fréquent d’entendre parler d’objets intelligents, de maisons ou de voitures intelligentes. Mais alors l’être humain n’a-t-il pas une intelligence différente de celle des machines, des objets ou encore des animaux, voire des végétaux ?

Au début des années 1980, le psychologue René Zazzo mettait déjà en garde sur le fait que ce terme est peu éclairant tant il revêt des formes différentes dans la vie de tous les jours, mais aussi selon les auteurs qui le conceptualisent. Une piste qu’il invitait à suivre était de regarder de plus près les situations concrètes au cours desquelles les personnes manifestent des conduites intelligentes. Un moyen de mettre au jour l’accomplissement de ces différentes formes d’intelligence, humour compris, plutôt que de s’en tenir à une définition générale.

Les étonnantes compétences des bébés

Il n’y a pas si longtemps, le bébé humain était considéré comme un être peu intelligent. Il a fallu attendre les travaux du célèbre Jean Piaget pour que notre regard sur eux change : ils sont capables assez vite d’agir de façon tout à fait surprenante sur le monde qui les entoure. Piaget parlait d’« intelligence sensorimotrice » pour qualifier l’intelligence des bébés avant l’entrée dans les représentations et le langage.

Définitions fluctuantes

Les définitions même de l’intelligence changent en fonction de l’histoire, des outils que l’on utilise pour en dire quelque chose ou de ce que l’on valorise dans une culture donnée comme étant une réponse dite « intelligente ». Ainsi, si l’on se réfère aux travaux de Jim Flynn, un des spécialistes de l’intelligence, l’effet Flynn renvoie au fait que si vous passez aujourd’hui le même test d’intelligence que vos parents ont passé quand ils avaient votre âge, votre performance sera en moyenne de dix points supérieure à la leur.


Christine Sorsana et Valérie Tartas sont les auteures de « L’Intelligence, mythes et réalités », publié en 2018 aux éditions Retz. L’ouvrage passe en revue un certain nombre d’idées reçues sur l’intelligence – « Ecouter du Mozart rend plus intelligent », « Interagir avec autrui ne nous rend pas plus savant », « Réagir émotionnellement n’est pas un acte intelligent » – et les confronte aux résultats de la recherche.


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