Marie-Christine Levet a fondé Educapital il y a deux ans pour soutenir le financement des entreprises de la EdTech. Elle explique pour Forbes France la place que le numérique a à jouer dans l’Education nationale, et les difficultés de la mise en place de ces nouveaux outils dans les classes de France. 

Forbes France : Pourquoi avez-vous créé le premier fonds européen d’investissement dans l’EdTech en 2017 ?

Marie-Christine Lever : Le fonds Educapital investit dans ces futurs champions français et européens de l’edtech capables de rivaliser avec les acteurs étrangers. Vingt ans après l’avènement d’Internet, notre école française n’a toujours pas vécu sa transformation pour faire face aux bouleversements des usages. La société change à grande vitesse et 65% des élèves en primaire auront demain un métier qui n’a pas encore été inventé. Comme tous les secteurs de l’économie, l’éducation sera pour partie digitale ; et l’innovation viendra difficilement d’acteurs installés mais de nouveaux services et outils déployés par de jeunes sociétés capables de casser les vieux codes pour proposer de nouveaux modèles.

Quel bilan dressez-vous? 

Educapital s’est imposé en Europe comme le premier fonds dédié à l’edtech, la technologie au service de l’education. Nous recevons plus de 500 dossiers par an. En 18 mois, nous avons investi dans 13 sociétés, de la petite enfance à la formation professionnelle : Lunii, avec une «  boite à histoires » qui soutient, sans écran, la créativité des plus petits, Lalillo, avec une IA d’aide à l’apprentissage de la lecture en salle de classe, 360 Learning avec une plateforme de formation dans les entreprises, Livementor qui forme à l’entrepreneuriat. Les secteurs de la formation continue et de la formation professionnelle sont en train de vivre une profonde révolution, le diplôme à vie est fini et nous rentrons dans l’ère de la micro certification. Seul le secteur de l’école est encore frappé par un fort immobilisme.

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