De Duolingo à Babbel, en passant par Busuu ou Qioz, on ne compte plus les applications permettant d’apprendre des langues sur Internet, chez soi, sur son ordinateur, ou sur son portable, entre deux stations de métro. Avec l’enseignement de la programmation, c’est sans doute l’un des domaines les plus porteurs dans le champ de l’éducation en ligne.

Les limites des applications classiques

Les évaluations d’applications spécialisées dans les questionnaires à réponses multiples, du type de Duolingo, pointent régulièrement le caractère superficiel des apprentissages effectués par ce biais. En d’autres termes, l’application permet une première initiation, mais dès lors que l’on s’intéresse à la maîtrise effective des règles de grammaire, à la conjugaison, ou à la connaissance approfondie d’expressions idiomatiques, on ne peut s’en contenter.

Les tentatives de « pure players » de l’IA

Qu’en est-il du côté des entreprises spécialisées dans l’IA ? Vu le marché colossal qu’il représente, elles se sont penchées sur l’apprentissage des langues. Leurs projets n’ont pas néanmoins pas encore eu le succès escompté, comme l’illustre l’échec de Knewton. Dopée aux dizaines de millions de dollars de venture-capitalists, cette start-up new-yorkaise s’était positionnée sur le créneau en produisant du contenu en langues, au lieu de contractualiser avec des éditeurs scolaires ou parascolaires.

https://youtu.be/h-NRopQtCFE

Intelligence et éducation (Interview de Jean‑Marc Labat, Ludovia Magazine).

Pari académique

Les solutions bon marché qui portent des promesses en termes de personnalisation, tout en satisfaisant les attentes d’un public exigeant, se font donc toujours attendre. Nous en sommes au point où certains académiques passionnés de langues et de technologie éducative, et j’en fais partie, se disent qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Les IA à portée de main ont fait d’énormes progrès ces derniers temps. Il serait dommage de ne pas explorer davantage l’horizon des possibles. Il ne s’agit pas de concurrencer les géants de l’apprentissage des langues – le service public n’en a pas les moyens, et ce n’est pas le métier des laboratoires. Néanmoins, si l’on pouvait atteindre une taille critique suffisante pour susciter le débat, inspirer des start-up, et peut-être rompre le statu quo, ce sera déjà une petite victoire en soi. Affaire à suivre.

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Repéré depuis https://theconversation.com/apprendre-une-langue-sur-le-web-la-revolution-de-lia-se-fait-attendre-129304