Réussir une recette est certes affaire de “tour de main”, mais aussi de dosage, d’équilibre, de choix. Le Digital Learning pour le réussir, nécessite, lui aussi, de savants mélanges. Trop lourd, il sera indigeste, trop léger, il ne conviendra pas, trop lent ou trop rapide, il ne fera pas mouche.

Découverte des petits secrets de fabrications.

 

Différencier communication, information, formation

En salle, il est difficile de biaiser le rapport entre les apprenants et le formateur. Si celui-ci oublie sa mission pédagogique, les participants auront tôt fait de le rappeler à l’ordre.

À distance, il est parfois tentant ou plus facile d’avoir une approche descendante, magistrale, laissant une faible place à la pédagogie. Il est en effet possible de confondre communiquer, informer, et former.

Par exemple voilà ce que l’on pourrait trouver dans une petite vidéo :

  • “cette année a été exceptionnelle pour notre marge !” : est de la communication car aucune information n’est présente dans le message ;
  • “cette année, notre marge a progressé de 5%” : est une information car aucun élément d’explication ou de compréhension n’est ajouté au message ;
  • “cette année, en réorganisant notre chaîne de production, nous avons pu diminuer les frais de stockage, ce qui nous a permis d’investir dans de nouvelles machines, et améliorer notre marge en augmentant la production sans surcoût” : est une explication pédagogique car elle est décomposée et didactique.

Premier élément de réussite : ne pas oublier que le Digital Learning n’est pas que du digital, mais bien de la formation.

 

Choisir les bonnes activités

Quoi de plus lassant que d’enchaîner plusieurs fois de suite les mêmes gestes, les mêmes activités, les mêmes principes de réflexion. Devant un écran, cette lassitude arrive à toute allure, avec toujours le même résultat : l’irrépressible envie d’arrêter.

L’ennemi n°1 du Digital Learning est le décrochage. Quand il est détecté, il est souvent trop tard pour remettre l’apprenant dans une dynamique de formation nouvelle et durable. Or la cause n’est pas à chercher chez celui qui est assis devant l’écran, mais dans la conception de la formation.

Pour limiter les risques de décrochage, outre un accompagnement pro-actif, régulier et individuel, il faut choisir avec soin des activités riches, diversifiées et pertinentes.

Pour cela, lors de la conception du scénario, le choix des activités doit être fait en se posant ces questions :

  • la nature de l’activité est-elle suffisamment différente des précédentes et des suivantes ?
  • les actions et réflexions à mener lors de l’activité renforcent-t-elles le sens des messages ?
  • l’activité est-elle en adéquation avec la nature de l’objectif pédagogique (découvrir, comprendre, explorer, mémoriser utiliser, …)
  • les moyens, compétences et outils mis en œuvre sont-ils à la hauteur des ambitions de l’activité ?
  • a-t-on la certitude que l’activité sera comprise et pratiquée correctement par les apprenants ?

Deuxième élément de réussite : chaque activité doit être pertinente et cohérente avec le sujet et le parcours de l’apprenant.

 

Doser avec finesse les contenus, les efforts, le temps

Autant il semble évident qu’il n’est pas possible de lire la bible en une nuit, autant il arrive parfois d’avoir les yeux plus gros que le ventre lors de la constitution d’un programme de formation. La raison vient souvent à bout d’une surcharge de PowerPoint pour une formation en présentiel, mais en Digital Learning, il est plus fréquent de prendre ses désirs pour des réalités et imaginer que, par une élasticité magique du temps, un programme qui s’accommoderait fort bien d’une durée de 20 heures arrivera à être suivi en 10.

Pour ne pas jouer un jeu de dupe avec les apprenants, il faut savoir résister à la tentation de l’exhaustivité, savoir dire non aux contenus superflus, différencier l’essentiel du facultatif.

Mais au-delà de sélectionner les contenus suffisants, d’en estimer la juste durée, il faut également savoir doser l’effort à fournir pour effectuer avec profit chacune des activités. Une activité qui demande de la réflexion aura bien sûr un plus grand impact sur la mémorisation, mais il faut aussi par moment savoir baisser le niveau d’attention et d’effort pour permettre de régénérer les batteries cognitives des apprenants.

Troisième élément de réussite : trouver le bon rythme, estimer avec justesse la vraie durée des activités, et faire varier régulièrement les efforts à fournir.

 

 

« La formation, ça se mitonne avec passion » — Paul Bocuse