La loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel marque les prémisses d’une refonte d’envergure de la formation professionnelle. Quels regards business portent les responsables d’organismes de formation sur cette réforme ? Rencontre avec Hélène Schandeler, directrice associée de Forma 2+.

Quel regard portez-vous sur la réforme de la formation professionnelle ?

Si initier une réforme était une bonne démarche, je ne suis pas convaincue qu’elle portera ses fruits. En effet, les entreprises auront bien des difficultés à utiliser le Compte personnel de formation pour répondre aux besoins réels de leurs salariés. Ces derniers choisiront désormais une formation à leur guise, sans nécessairement impliquer leur entreprise. Avec cette réforme, les responsables formation sortent donc quasiment du système. Or, le rôle de ces professionnels est justement de conseiller les salariés et de les accompagner pour choisir un apprentissage pertinent à même de les faire progresser au sein de l’entreprise.

Selon vous, quel est l’avenir des organismes de formation ?

Ils sont en danger. Il y a déjà une forte diminution des commandes de formations. De plus, la réorganisation des OPCO en avril 2019 risque d’impliquer une paralysie accrue du système. En outre, les responsables formation des entreprises, les gérants d’organismes de formation et même les formateurs n’arrivent plus à suivre. A force de s’adapter aux changements de règles, ils sont littéralement épuisés. Par ailleurs, toutes les entreprises ne sont pas encore prêtes pour réinvestir le champ de la formation. Il devrait se passer un ou deux ans pour qu’elles réinjectent des fonds. L’avenir est donc clairement préoccupant.


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