Scénariser. Le verbe est apparu de façon récurrente lors des passionnantes rencontres du FFFOD (association professionnelle pour la promotion de la formation ouverte et à distance), en novembre dernier. Scénariser pour faire entrer le participant dans une expérience, jouer sur la surprise, la curiosité, intégrer les ressorts du jeu … Est-ce parce que, dans le même temps, j’ai suivi le MOOC des Gobelins « Réaliser des vidéos pros avec son smartphone », dont les participants ne tarissent pas d’éloge ? Je me dis qu’un bon scénario, c’est une bonne histoire, avec des personnages porteurs de désir, confrontés à des obstacles, poussés à l’action. Mais qui sont les héros de nos scénarios pédagogiques ? Les désirs que nous leur prêtons sont-ils les leurs ? Et quels rôles leur allouons-nous ?

Itinéraire, déroulé, scénario … tout nouveau formateur apprend à formuler des objectifs pédagogiques, et à synthétiser dans un document l’enchaînement des activités d’apprentissage. Les modèles de scénario, issus de la théorie socio-constructiviste, font la part belle aux activités de l’apprenant, à leur variété.
L’idée est de structurer les activités, tout en les régulant. Le scénario ordonne les séquences de manière à traiter les objectifs dans une progression qui paraît appropriée : du familier à l’inconnu, du simple au complexe, du global au particulier, par ordre chronologique …
Voici donc notre « metteur en scène » se « faisant le film » de l’animation à venir. Film dans lequel il tient encore le premier rôle : pour « faire adhérer » les apprenants aux objectifs, pour générer une dynamique de groupe qui embarquera chacun dans les activités proposées …
Cette démarche a le mérite de s’appuyer sur les activités de l’apprenant comme vecteurs d’. Mais lorsque la formation devient distancielle, ou même mixte, le formateur n’est plus « au centre de la scène ». Le scénario prend alors encore plus d’importance, et ce n’est pas un hasard si ce mot revenait si souvent dans les échanges des journées du FFFOD.

Pour nous autres concepteurs de formations présentielles ou mixtes, il me semble qu’il y a là un enseignement précieux à tirer. Penser pédagogie active, c’est bien. Mais penser « production de l’apprenant », penser aux livrables qui feront sens et enjeu, c’est un levier beaucoup plus puissant.