Digital natives : démythifier le mythe des « natifs vs immigrants » du numérique (1) – Innovation Pédagogique

Digital natives : démythifier le mythe des « natifs vs immigrants » du numérique (1) – Innovation Pédagogique

Le mythe du « natif du numérique » (digital native) émerge en 2001 sous la plume du chercheur américain Marc Prensky dans un article publié en deux volets intitulé« Digital Natives, Digital Immigrants) ». Il se fonde sur une idée principale polarisante : les jeunes nés après 1980 sont des indigènes du de par leurs usages et ils apprécient les contenus « du futur » (future content) plutôt que ceux du « patrimoine » (legacy content). Leur style d’apprentissage et leur façon de traiter l’information sont radicalement différents de la génération des « immigrants du numérique » ( immigrants). Celle-ci se trouve confrontée au défi d’un langage obsolète pour former une population de natifs à la fois aux contenus du patrimoine et du futur… dans le langage des natifs.

Un mythe en lien avec le vécu américain

C’est un mythe des origines, tellurique, installé dans le vécu américain de la frontière (se lancer dans le futur, l’inconnu) et de l’immigration (laisser le patrimoine derrière soi). C’est aussi un mythe des fins, millénariste, apparu au tournant du nouveau siècle, alors que les États-Unis vivaient une série de crises qui allaient culminer avec 9/11 (crise politique avec la remise en cause des élections Bush/Gore, crise économique avec la peur du bug du millénaire et l’éclatement de la première bulle numérique…).

Une société du risque et une panique médiatique

La cristallisation du mythe vient du sentiment d’une modernisation très rapide, donnant naissance à ce que le sociologue allemand Ulrich Beck appelle « une société du risque », qui se préoccupe non plus de la sécurité des individus par rapport aux seules forces de la nature, mais par rapport aux forces du développement technologique.

Les « 4 D » de la panique médiatique

Une panique médiatique est en effet révélatrice de problèmes publics en mutation autour de la socialisation des jeunes, notamment dans l’engagement avec une culture en émergence, celle préfigurée par le numérique en émergence dans les années 2000.

Elle se caractérise par quatre étapes, les « 4 D » : Déclenchement, Débat autour d’un Dilemme éthique, Dénouement et Déplacement.

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