Après l’intervention de Paul Devin, IEN, pour qui tout miser sur la classe inversée est “une illusion”, Héloïse Dufour, présidente d’Inversons la Classe, répond point par point.

Pour vous, la classe inversée est-elle une révolution ?

La classe inversée est une révolution, mais pas celle que l’on croit. Ce n’est pas une révolution pédagogique, dans la mesure où les principes qui la sous-tendent existent depuis longtemps. On la retrouve dans les courants de pédagogie nouvelle du début du XXe siècle.

Certains, comme Paul Devin, considèrent que les tenants de la classe inversée diabolisent le cours magistral et ont tort de se focaliser sur une seule méthode…

Bien sûr que nous ne devons pas nous focaliser sur une seule méthode ! Inversons la Classe est une association sur la #classe inversée, mais ça ne veut pas dire que nous pensons que le reste est à jeter. Notre objectif, c’est que la classe inversée fasse partie de la malette pédagogique de chaque enseignant, et pas que tout le monde décide de n’utiliser que cela à longueur de temps.

Que répondez-vous à l’argument selon lequel la classe inversée, avec ses capsules à visionner chez soi, serait inégalitaire ?


Nicolas Lemoine, prof de maths au collège Liberté de Drancy, pratique la classe inversée.

Il y a des inégalités, mais elles sont moindres qu’avec le système classique. Des devoirs sont aujourd’hui donnés à la maison, et les élèves sont en inégalité devant eux. Certains ont leurs parents en soutien, d’autres non… La capsule permet de réduire ces inégalités : on ne peut pas être bloqué devant une vidéo, contrairement à un exercice.

Selon vous, on peut très bien faire de la classe inversée sans numérique…

En critiquant la classe inversée comme tournant autour des TICE, on mélange les choses. Le numérique est un outil, pas une fin en soi. La classe inversée ne remotive pas les élèves grâce à lui, mais grâce à une stratégie pédagogique. C’est ce qui est fait en classe qui change les choses. Le #numérique peut motiver les élèves de manière transitoire, mais ce qui motive les élèves, c’est d’avoir des activités en classe engageantes. Attention à ne pas caricaturer la classe inversée. On peut en faire sans numérique. Les TICE facilitent juste grandement les choses.

Fabien Soyez

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