Reconnu comme l’un des plus grands neuroscientifiques de notre époque, John Medina démystifie certaines de nos idées reçues concernant le fonctionnement du cerveau et nous livre de nombreux conseils, non seulement pour améliorer nos pratiques professionnelles, mais aussi pour notre développement personnel.

PUIS-JE AVOIR 10 MINUTES D’ATTENTION ?

Lorsque nous nous intéressons à quelque chose, notre niveau optimal d’attention ne peut dépasser la durée de 10 minutes, puis il tombe en chute libre en l’espace de quelques secondes, même pour un sujet passionnant.
Notre cerveau passe ensuite en mode multitâches, c’est à dire qu’il devient très vulnérable aux perturbations provenant de l’extérieur : bruits, mouvements, autres idées… Et lorsque nous exécutons plusieurs tâches en même temps, chacune de ces tâches est effectuée avec une perte de performance.
Bien que le mythe du multitâches soit valorisé par nos croyances, l’être humain est incapable biologiquement d’exécuter plusieurs actes simultanés qui demandent la focalisation de l’attention ; ceci est un fait prouvé scientifiquement.
Une étude a montré qu’il suffisait de tendre une main pour prendre un objet, en conduisant, pour multiplier le risque d’accident par 9 !
Mais alors, comment faire maintenir l’attention durant une formation de plusieurs jours ?

Heureusement il existe des parades, que John Medina appelle « hameçons », capables de réactiver l’attention.
La première parade est la création d’émotions. Les émotions réveillent. Lorsqu’on ressent une émotion, tout le reste est mis de côté. Ainsi la peur, la joie, la nostalgie, la curiosité… et toute la palette des émotions, fonctionnent bien pour restaurer l’attention.

LA MÉMOIRE DE COURT TERME, LE MAILLON FAIBLE

Environ 90% de l’information transmise en #formation est oubliée 30 jours plus tard et 90% de l’oubli a lieu quelques heures après la formation.

LA MÉMOIRE DE LONG TERME, CE N’EST PAS POUR LA VIE

Du point de vue neuronal, la consolidation systémique, c’est à dire le passage d’un souvenir de la mémoire de court terme à la mémoire de long terme, se fait grâce aux échanges répétés de données entre le cortex et l’hippocampe, jusqu’au jour où l’hippocampe décide d’interrompre la connexion et que la mémoire se consolide dans le cortex.
Ce processus peut demander des années ! (on l’appelle « expérience »). Cependant, ce processus n’est pas robuste à 100% et le souvenir n’est jamais vraiment stabilisé.

LES 5 SENS, ENSEMBLE C’EST MIEUX

Les apprenants soumis aux environnements multi-sensoriels retiennent plus longtemps et leurs souvenirs sont plus précis de ceux des personnes qui utilisent un seul sens. Dans la résolution de problèmes, les groupes sollicités par des inputs multi-sensoriels produisent des solutions plus rapides et plus créatives.

NOUS NE VOYONS PAS AVEC LES YEUX MAIS AVEC LE CERVEAU !

La vision représente 50% de l’activité cérébrale. Cette tendance est si forte que nous tentons de visualiser ce qu’un texte dit.
Le cerveau traite les textes et les images de manière très différente. Sans rentrer dans le détail du processus de traitement, il faut savoir qu’en moyenne on retient 10% des informations présentées oralement, mais si on y ajoute une image le score peut atteindre 65%.
Ce phénomène est expliqué par le simple fait que le cerveau reconnaît les mots comme plusieurs petites images, donc le traitement par la mémoire de travail est plus laborieux.

LES PARTICULARITÉS DU SENS OLFACTIF

Les scientifiques savent depuis longtemps qu’une odeur peut à elle seule raviver plusieurs souvenirs même très lointains.
John Medina nous explique que, contrairement aux récepteurs visuels qui sont protégés par la cornée et les auditifs défendus par le tympan, les récepteurs olfactifs sont démunis de protections et sont dirigés directement vers leurs destinations (le centre des émotions et une région cérébrale impliquée dans la prise de décision) sans passer par le centre de tri appelé thalamus.

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