Plus ludique, plus interactive : la formation bénéficie à plein de l’apport des nouvelles technologies. La fin de l’ennui pour les apprenants et une manne pour les edtechs.

Encore minoritaires, les edtechs commencent à s’inviter au banquet : «Leur chiffre d’affaires cumulé a dépassé 650 millions d’euros en 2019, dont plus de la moitié pour la formation professionnelle, devant l’enseignement supérieur et scolaire», précise Anne-Charlotte Monneret, déléguée de l’association EdTech France. «Les entreprises ont encore d’énormes possibilités de croissance», ajoute Marie-Christine Levet, fondatrice d’Educapital, un fonds spécialisé qui gère quelque 47 millions d’euros.

Parmi les innovations proposées figure la réalité virtuelle. D’abord liée aux jeux vidéo, cette technologie se révèle idéale pour former les salariés. «Elle leur fait vivre une expérience concrète. Prenons, par exemple, un exercice de sécurité incendie : nous avons recréé des simulations de départs de feu que l’apprenant, casque sur la tête, doit neutraliser. Il effectue aussi l’évacuation des personnes dans une mise en situation très réaliste. C’est utile partout où la précision du geste compte», souligne Alisson ­Foucault, fondatrice d’UniVR Studio (500.000 euros de chiffre d’affaires l’an dernier), qui travaille avec Sanofi, la SNCF et ID Logistics.

Deuxième innovation clé du secteur, l’intelligence artificielle permet de personnaliser les leçons. «Le pourcentage d’apprenants qui suivent un Mooc jusqu’au bout, appelé “taux de complétion”, est aujourd’hui de 7% à peine, car il n’est pas adapté au parcours et au niveau de chacun», constate Benoit Praly, fondateur de Domoscio (1 million d’euros de chiffre d’affaires), qui jauge chaque «élève» grâce à l’IA afin d’émettre des propositions de formations personnalisées correspondant à ses atouts et à ses lacunes. La start-up Woonoz fonctionne sur le même principe. «En analysant les réponses d’une personne, notre IA évalue ses connaissances, puis lui organise un apprentissage sur mesure, en cherchant le bon espacement des barreaux de l’échelle, pour qu’elle puisse monter sans difficulté et sans s’ennuyer», raconte Fabrice Cohen, le fondateur. Selon l’individu, le système propose des révisions ciblées sur les notions manquantes. Les combinaisons sont infinies. Woonoz revendique un taux de complétion de plus de 80% et 12 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Le mobile learning, de son côté, promet un apprentissage facile, flexible et toujours accessible. «Le fait que les contenus soient disponibles à chaque instant est une vraie valeur ajoutée. Ouvrir une appli sur son smartphone est une action simple et quotidienne. Plus besoin de se mettre devant son ordinateur pendant des heures pour apprendre», se réjouit Morgan Laupies, fondateur de Beedeez (2 millions d’euros de CA), qui en a fait sa spécialité. La technique est encore plus efficace si l’on couple mobile et micro learning, qui consiste à découper le cours en petits morceaux à picorer. «Notre pari est de casser le standard du marché, qui consistait à vendre des jours de formation, souligne ainsi David Reymond, directeur associé de SkillsDay (3,3 millions d’euros de CA). Mieux vaut apprendre de façon répétée avec des modules brefs et ludiques.»

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