Imaginez un James Bond sans musique, sans bruitage ? Un film d’animation sans ambiance sonore ? Difficile d’imaginer tenir plus de 5 minutes sans zapper. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à Dumbbells. L’attention en Digital Learning s’obtient et se garde non seulement avec un bon contenu, une bonne pédagogie, un bon accompagnement, mais aussi par un bon traitement multimédia, et dans ce domaine, le sens auditif est le parent pauvre. Montez le son !

 

De belle voix

Que préférez-vous pour des annonces brèves ? Les sous-titres défilants des chaînes d’info ou les voix suaves de FIP ? L’un et l’autre certainement, en fonction des situations.

En Digital Learning, les besoins sont identiques : pouvoir lire dans une situation où l’audio est peu pratique, et écouter tranquillement quand c’est possible. Dans la première situation, la concentration et l’isolement seront plus difficiles, dans l’autre, le son va créer une « bulle sonore » permettant de mieux s’immerger dans le contenu.

Attention toutefois, à ne pas avoir strictement le même texte écrit que celui écouté, et ceci pour une raison toute simple : la vitesse moyenne de lecture est de 200 mots par minute, alors que la vitesse d’écoute est de 100 mots par minute (avec le même taux de compréhension d’environ 80 %). Conclusion : s’il doit y avoir en même temps du texte et de la voix, le texte doit être rédigé non pas pour être lu en continu, mais pour renforcer ce qui est écouté. Il est préférable d’écrire de façon télégraphique, de synchroniser l’apparition du texte sur le son, et de ne pas écrire de phrases pour éviter de balancer entre lecture seule et écoute seule.

Quant à la qualité de la voix, pas de concession, nous sommes entourés de médias à la qualité sonore impeccable. Proposer une voix mal placée, à la diction maladroite avec une prise de son de mauvaise qualité ne peut que nuire à la motivation, à l’attention et à la valeur des contenus de formation.

S’équiper d’un système d’enregistrement de qualité n’est pas coûteux, un petit micro-cravate à brancher sur son Smartphone (55 €) ou un enregistreur numérique (150 €) et une prise de son dans une pièce calme avec peu de réverbération permet d’obtenir de très bon enregistrements.

Idéalement, faire appel à des comédiens voix-off donne les meilleurs résultats sans être ruineux pour autant.

Des activateurs sonores d’attention

Suivre un cours en Digital Learning, est certes une activité qui se déroule principalement sur écran, mais elle s’apparente bien plus à regarder une mini série sur Arte.tv qu’à remplir un tableau Excel ou rédiger une note de synthèse sur Word. Autant, il serait incongru d’avoir un applaudissement à chaque phrase écrite sans faute dans Word, où un bip désagréable à chaque erreur dans une formule dans Excel, autant suivre un module de Digital Learning dans un silence mortel n’est guère motivant.

Il n’est pourtant pas nécessaire d’être un Game Designer pour imaginer, concevoir et ajouter quelques effets sonores permettant de renforcer le feed-back donné à l’utilisateur lors de ses principales actions :

  • un discret jingle en début et en fin de module ;
  • un bref et faible son lors d’un défilement de l’écran ou au passage d’une page à l’autre ;
  • quelques notes de musique gaie ou triste lors des réussites ou des erreurs ;
  • une courte introduction musicale au début des vidéos

Il existe pour tous ces effets d’innombrables banques de sons, mixkit.co est une des meilleures.

Soigner l’accentuation sonore des étapes clés, permet de garder l’apprenant dans un flux d’apprentissage continu et rythmé.

Une ambiance sonore discrète

Regardez cette animation :

avec… et sans le son… Convaincu ?

L’ambiance sonore n’apporte rien d’autre qu’un renforcement des messages lus, écoutés et symbolisés, mais c’est ce petit rien supplémentaire qui change tout.

Ce dernier ajout (après les voix et les activations) est celui qui nécessite le plus de savoir-faire. En effet, ajouter un fond sonore et des bruitages quand il est maladroit et inadapté peut devenir nuisible. Ici par exemple, l’ambiance sonore ne tient pas compte de l’animation et devient un élément gênant : le son tourne en boucle, n’a pas de variation en fonction de l’animation, ne met pas en avant les moments importants, etc.

Faire appel à des professionnels du son est quasi indispensable pour « sonoriser » un module de Digital Learning.

Pour s’inspirer, la présentation de Arnaud HERGES de Herges Production lors du Digital Learning Day de juin 2016 est toujours d’actualité (Partie « 10. Le poids des mots, le choc de l’audio »).

 

« Vous pouvez monter le son ? » Ludwig van Beethoven

 


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