Au début des années 2010, le marché de la formation a assisté à une véritable déferlante : celle des Massive Open Online Courses (MOOC). Ce format pédagogique a suscité un tel engouement – et un tel emballement médiatique – que les entreprises ont fini par le tester pour former leurs collaborateurs. Avec quel succès ? Réponses.

L’accompagnement, la clé du succès 

Si certaines entreprises se sont détournées de cette modalité pédagogique pour former leurs équipes, d’autres ont simplement revu leur copie. « Nous avons d’abord lancé un MOOC à destination de nos collaborateurs sur l’acculturation au digital. S’il a fédéré plusieurs milliers de personnes, il a enregistré des taux de complétion variables en fonction de l’accompagnement de chaque entité. Nous avons finalement décidé de réserver ce format à une formation diplômante, où nous savions les apprenants véritablement engagés », raconte Pascal Mollicone, Digital Learning Manager à l’IFCAM, l’université d’entreprise du Crédit Agricole. Aujourd’hui, le groupe dispose de cinq MOOC composant le parcours de son Bachelor « Conseiller clientèle particuliers ». « Comme nous savions que l’accompagnement des apprenants avait un impact direct sur le taux de complétion du MOOC, nous avons misé sur le tutorat, l’apprentissage entre pairs, les activités à réaliser en mini-groupes, l’animation de forums… Les vidéos et les quizz seuls ne suffisent pas », précise-t-il. Aujourd’hui, 94 % des salariés suivant les MOOC du Crédit Agricole terminent le parcours de formation. « La modalité pédagogique ne nous a pas déçu. Néanmoins, contrairement à un module e-learning, un MOOC suppose une logistique lourde, ne serait-ce que pour mettre à jour les contenus, animer les forums, les webinars… »

Se former vite et mieux ?Pour Philippe Gil, co-fondateur du cabinet de conseils IL&DI, « les MOOC ont tiré le marché de la formation vers le haut : ils ont donné leur lettre de noblesse à l’e-learning, en permettant aux salariés de se former de façon autonome et à distance. Ils ont exploité la logique de tutorat, qui est clé dans une dynamique d’apprentissage », estime-t-il. Aujourd’hui, tout porte à croire que les ingrédients du MOOC – l’auto-formation, l’accompagnement et le collaboratif – « seront l’avenir de la formation », selon lui. Le Crédit Agricole l’a bien compris : en 2019, le groupe lancera un programme d’adaptive learning pour ses MOOC. « Grâce aux 2,5 millions de datas que nous avons compilés sur les comportements des apprenants, nous allons proposer, à chacun de nos collaborateurs, une stratégie pour réussir un MOOC. Celle-ci sera élaborée en fonction de leur profil », confie Pascal Mollicone. L’enjeu ? « Se former plus efficacement, en allant à l’essentiel », précise-t-il. Aujourd’hui, très peu d’entreprises calculent le retour sur investissement de leurs MOOC, faute de trouver les bons indicateurs à suivre. Quoiqu’il en soit, « ce format pédagogique est plus efficace pour sensibiliser des salariés à un sujet d’entreprise plutôt que pour développer leurs compétences », assure Yannick Petit.

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