A situation professionnelle, individuelle et familiale égale, les femmes ont une probabilité plus faible d’un cinquième de suivre une formation, et plus faible d’un tiers de suivre une formation d’au moins 18 heures. C’est l’un des enseignements de l’étude publiée par la Dares sur l’accès à la formation professionnelle sous l’angle de l’égalité hommes-femmes. Au-delà de ce chiffre, on trouve des résultats tout en nuance, qui peuvent utilement alimenter le dialogue social dans l’entreprise autour des enjeux d’égalité professionnelle.

1. Egalité globale, inégalité dans le détail

Vu de loin, le tableau de la formation continue des adultes paraît plutôt égalitaire. Entre 2010 et 2015, 62,4% des femmes et 63,4% des hommes ont suivi une formation. Si l’on ne considère que les formations professionnelles non diplômantes, les proportions sont de 61% pour les hommes et 59% pour les femmes, ce qui reste très proche.

2. Les femmes se forment moins dans la plupart des secteurs

Que se passe-t-il ? En réalité, les femmes sont surreprésentées dans certains secteurs qui forment davantage globalement, en particulier l’administration publique, la santé et l’enseignement. Dès lors qu’on considère l’accès à la formation secteur par secteur, le tableau change.

3. Des écarts plus marqués chez les moins qualifiés

Ces disparités se retrouvent dans les métiers les moins qualifiés. Globalement, actifs les moins diplômés accèdent moins à la formation que les autres, et les inégalités entre hommes et femmes sont accrues pour ces populations : une femme non diplômée sur 3 a accédé à la formation entre 2010 et 2015, contre près d’un homme non diplômé sur 2. De même, l’écart négatif de taux de formation entre les employées et leurs collègues masculins est de 11 points. On monte à 19 points pour les ouvrières.

4. Le poids de la famille

Une autre piste d’analyse est l’impact des événements familiaux : les naissances, et même le simple fait d’être en couple, ont un impact négatif sur la formation des femmes. 3 ans après une naissance, elles sont 19% à avoir suivi une formation, contre 28% pour les pères. La taille de la famille joue aussi : plus elles ont d’enfants, moins les mères se forment après une naissance. Les pères, en revanche, ne sont pas impactés par le nombre d’enfants dans leur accès à la formation professionnelle.

5. Les femmes ont davantage envie de se former

Les femmes estiment plus souvent que les hommes avoir besoin de se former, et en expriment aussi plus souvent l’envie. C’est particulièrement vrai chez les femmes qui ont déjà bénéficié d’une formation : on sait que la propension à se former est globalement plus importante chez les personnes qui en ont déjà fait l’expérience.

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Repéré depuis https://www.managementdelaformation.fr/la-formation-en-chiffres/2020/10/13/les-femmes-ont-34-moins-de-chance-de-suivre-une-formation-longue/