Notre rapport à la curiosité est ambigu. Parfois valorisée, parfois vue comme un défaut, elle est profondément ancrée dans notre rapport au monde. L’envie d’apprendre et de connaître de nouvelles choses, le désir d’en savoir davantage sur un sujet est intrinsèque à l’être humain, particulièrement dans les premières années de sa vie, où cet apprentissage est essentiel à son développement.

L’entreprise, un terrain peu propice à la curiosité ?

La curiosité est souvent reléguée au second plan en entreprise pour plusieurs raisons. Favoriser la curiosité paraît souvent chronophage de prime abord, car il est essentiel dans un environnement propice à la curiosité de laisser un temps pour l’exploration. Même du côté de l’employé, cette démarche proactive et exploratoire est souvent difficile à imposer lorsque l’emploi du temps chargé ne le permet pas. La sérendipité, bien souvent associée au concept de curiosité est par ailleurs difficile à mettre en place lorsqu’elle n’est pas accompagnée. La capacité à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l’utilité demande du temps et une certaine liberté d’action, ce qui n’est pas toujours bien perçu par les managers.

De compétence à valeur commune, intégrer la curiosité dans l’organisation

Nous l’avons vu, les entreprises ont tout intérêt aujourd’hui à revaloriser et à autoriser la curiosité dans leur organisation. Voici quelques pistes pour mieux l’intégrer à l’entreprise :

Intégrer la curiosité au sein de la vision de l’entreprise. Pour favoriser le développement de cette compétence en interne, il faut avant tout définir la curiosité comme une valeur commune dans l’organisation et la mettre au centre des préoccupations stratégiques. Lorsqu’elle fait partie intégrante de la vision de l’organisation, les différentes parties prenantes de l’entreprise s’en saisissent et la mettent en place à leur échelle. Pour cela, il faut définir des grandes lignes directrices permettant d’orienter les collaborateurs et leur montrer la voie.

Autoriser les collaborateurs à poser autant de questions qu’ils le souhaitent. Un sujet primordial au sein des entreprises est le fait d’être autorisé à poser des questions. Lorsque l’organisation autorise ses collaborateurs à poser des questions en communiquant clairement sur le sujet et en l’intégrant dans les process, une barrière s’abat et le dialogue devient plus simple. Chez Pixar, les collaborateurs sont incités à poser des questions. Plutôt que de valoriser une réponse, on va la considérer comme génératrice d’autres questions qui vont permettre une amélioration constante. Cela permet lorsque l’on brainstorm autour d’un sujet d’éviter d’émettre des jugements de valeur mais plutôt de favoriser la circulation de nouvelles idées.

  • Réduire la peur du jugement dans l’organisation.
  • Identifier et recruter des profils curieux au sein de l’organisation.
  • Pousser le top management à être curieux des collaborateurs et remettre l’organisation en question en permanence à travers des audits et sondages en interne.
  • Définir un temps dédié pour la sérendipité et le développement de projets.
  • Encourager la rencontre entre les collaborateurs de différents services.
  • Mettre la formation et le développement personnel des collaborateurs au coeur de la stratégie.
  • Devenir plus curieux à son échelle.

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Repéré depuis https://www.sysk.fr/2020/09/09/curiosite-coeur-entreprise-apprenante/