Depuis 1971 la formation reste un service annexe en entreprise, en France. Tour à tour cotisation sociale, monnaie d’échange ou compteur social, elle n’a plus de réelle prise sur les changements fondamentaux qui transcendent et bouleversent les conditions du travail et des travailleurs (mondialisation, globalisation, numérisation…).

Le CPF version 2019 a transformé la formation en un livret d’épargne (non provisionné)

Sous prétexte de sécuriser les travailleurs en les dotant d’un compteur formation, les pouvoirs publics ont oublié que la formation et l’éducation n’étaient plus des stocks (de connaissances, de diplômes ou de titres) mais des dynamiques éducatives, seules à même de gérer les flux considérables de technologies, de pratiques et d’informations qui bouleversent désormais le monde du travail. En reprenant sans fin le dossier de la formation professionnelle, les pouvoirs publics entraînent le monde du travail dans la procrastination et l’impuissance éducatives (on attendrait désormais 2029 pour avoir son compte formation plein).

Apprendre, c’est à la fois prendre des risques et se projeter dans l’avenir…

La formation et l’éducation devraient rimer avec responsabilisation et anticipation. Les travailleurs ne pourront éternellement se contenter de compter leurs euros (virtuels) de formation, ni les pouvoirs publics bouleverser un secteur fragile et sous-financé tous les quatre ans. Quant aux entreprises, si elles veulent préparer l’avenir, il leur faudra cesser de faire de la formation un exercice rare, cher et contingenté aux seuls travailleurs les plus qualifiés.

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