Après de (brefs) débats dans les deux chambres parlementaires, le projet de loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a été adopté le 1er août 2018. Le Conseil Constitutionnel a confirmé la conformité de la loi, qui a été promulguée le lendemain, le 5 septembre.

Des experts dénigrés, une opposition méprisée ?

Si, sur le fond, les débats demeurent ouverts sur l’intérêt de ce projet de loi, sur la forme, la majorité des parties prenantes des discussions s’accordent à accuser le gouvernement de négligence voire de manque de respect.

La formation : une potion antichômage ?

Dans ce projet, le gouvernement n’a eu de cesse de mêler la problématique du chômage et la formation des travailleurs actifs, comme en atteste le nom de ce projet de loi censé traiter des dossiers du chômage, de l’apprentissage et de la formation.

Centralisation et individualisation à outrance

Avec cette réforme, le gouvernement entend recentraliser l’appareil de formation. Les acteurs de la formation (régions, partenaires sociaux, OPCA, organismes de formation, etc.), qui avaient les capacités et la connaissance des besoins en matière de compétences sur le marché du travail, vont être destitués d’une grande partie de leurs prérogatives au bénéfice de l’État (Caisse des dépôts et des consignations et URSSAF) ou d’organisations nées de la réforme (France Compétences, Opérateurs de compétences, etc.).

Une énième réforme, pas la dernière ?

Finalement, sur quoi va déboucher cette nouvelle réforme de la formation ? Une énième réforme de la formation en 2022 suite à la nouvelle élection présidentielle ? Il y a fort à parier (bien que les côtes ne doivent pas être très intéressantes…). Rappelons juste que la formation professionnelle a été l’objet d’une réforme en 2002, 2004, 2009, 2014 et 2018… Alors, à dans quatre ans ? Mais est-ce que ce ne sera déjà pas trop tard ?


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