Comment recréer une culture de l’apprentissage à l’heure où nos capacités d’attention semblent décliner ?

C’est la « révolution neurologique » , plus que technologique que l’on clame en ce moment un peu partout sur les réseaux sociaux. Ce concept veut incarner le rapprochement entre l’éducation et les sciences cognitives, initié par le Conseil Scientifique de l’Éducation Nationale en 2018. Depuis, les expérimentations de neurosciences dans les écoles et entreprises se sont multipliées.

Alors quand tout va toujours plus vite, et que la question de l’influence du numérique fait parler d’elle, les outils d’apprentissage aujourd’hui sont-ils toujours efficaces pour préparer la future génération ? Pour parvenir à se projeter, à l’école comme en entreprise, il faut d’abord arriver à décrypter les informations que le cerveau « scanne »  afin d’optimiser la formation dans les prochaines années.

Le cerveau est-il devenu fainéant ? 

Des psychologues des universités d’Harvard, de Columbia et du Wisconsin ont démontré qu’internet changeait notre façon d’utiliser notre mémoire et était devenu « une sorte de mémoire externe ou transactive » . Les sujets de leur étude montraient des taux de mémorisation plus bas lorsqu’ils pensaient pouvoir accéder aux informations en ligne. A contrario, ils développaient une meilleure mémorisation de l’endroit où trouver ces informations. Cela ne veut pas dire que notre cerveau n’a plus les capacités nécessaires pour mémoriser, mais simplement que nous ne les utilisons plus. Toutefois, le rôle de la mémoire sur le cerveau ne doit pas être sous-estimé. Une étude réalisée au sein de l’armée suédoise a mis en évidence une augmentation du volume de différentes parties du cerveau chez les recrues qui apprennent une langue étrangère. Preuve, s’il en fallait, de l’intérêt d’entraîner régulièrement sa mémoire.

Le cerveau face à l’automatisation

Tout le monde nous dit que l’on est aux commandes de notre vie. Pourtant, notre expérience personnelle nous dit le contraire et les incertitudes politiques, sociales et économiques sont sources d’insécurité. Une inquiétude qui n’est pas infondée lorsque l’on constate que 62% des dirigeants/managers estiment qu’ils devront requalifier ou remplacer plus d’un quart de leur personnel d’ici 2030 en raison de la tendance à l’automatisation et à la digitalisation. Alors comment les collaborateurs peuvent-ils reprendre le contrôle dans cette ère incertaine ?

Le cerveau… toujours plus agile, flexible et ouvert

Si tout change dans cinq ans, comment savoir de quelles compétences on aura besoin à ce moment-là ? Pour parvenir à se projeter, regardons déjà les produits et entreprises qui ont vraiment changé la donne au cours des vingt-cinq dernières années, tels qu’Amazon, Google ou Facebook. Ou même les métiers qui ont vu le jour grâce à des innovations : développeurs d’applis, concepteurs UX, data scientists… Si les évolutions de ces dernières années ont donné lieu à toutes ces avancées, quelles seront pour les travailleurs les conséquences des changements encore plus rapides liés à l’arrivée de l’IA, de l’informatique quantique, de l’IoT ? Google, IBM et une poignée de startups sont déjà dans la course à la création de la prochaine génération d’ordinateurs quantiques. Et une étude menée par le Boston Consulting Group indique que 83% des personnes interrogées considèrent l’IA comme une priorité stratégique.

Geoffroy de Lestrange est Product Marketing et Communications Director EMEA à Cornersone OnDemand

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