Les tendances digitales, les besoins croissants de formation, et les contraintes réglementaires de la nouvelle réforme incitent fortement à digitaliser les formations. La tentation est forte de rénover les formations existantes pour ne pas avoir à tout refaire. Est-ce une fausse bonne idée ?

Scénariser le dispositif Digital Learning

Ceux qui ont déjà tenté l’aventure de rénover un appartement ou une maison savent bien que partir d’un existant à transformer est parfois plus une contrainte qu’une facilité. Certes, on a déjà 4 murs et un toit, mais certains éléments de structure ne sont pas modifiables, et adapter plutôt que créer apporte son lot de surprises.

En formation, les avantages et inconvénients sont les mêmes. Partir d’une formation existante évite de refaire tout le travail d’analyse du sujet, la recherche documentaire, la définition des objectifs et le choix des stratégies pédagogiques, mais invite à conserver bon nombre d’éléments « en l’état » et conduit à simplement adapter le dispositif plutôt que de le refaire totalement.

Le travail consiste donc principalement à trouver des équivalents aux modalités pédagogiques présentielles en distanciel et adapter les supports à une diffusion en ligne.

Et dans le cas où de façon récurrente, le formateur devait résoudre des erreurs de compréhension, faciliter un déroulement peu intuitif ou compenser quelques faiblesses des supports, ces points délicats se retrouveront tels quels dans le dispositif Digital Learning, mais cette fois-ci sans aide pour les surmonter.

Concevoir les séquences

Adapter des séquences présentielles avec un formateur en séquences à distance tutorée, conduit généralement à faire ces choix de transposition :

  • ajouter des commentaires audio aux PowerPoint ;
  • démarrer et conclure les séquences par des vidéos ;
  • faire des classes virtuelles à la place des études de cas ;
  • proposer des modules e-learning pour les apports théoriques ;
  • remplacer les exercices informatiques (s’il y en avait) par des tutoriels ;
  • faire des quiz à la place des exercices.

Avec plus de temps, de moyens et de liberté (partir d’une feuille blanche) les PowerPoint seraient certainement remplacés par des vidéos d’expert, les études de cas par des serious-game, les apports théoriques par du micro-learning, le tout ponctué par des webinaires réguliers d’avancement.

Produire des ressources

C’est pour cette partie que la transformation d’une formation prend plus de sens. En effet, si la production des ressources se résume à les convertir et que les nouvelles à créer sont simples, l’économie réalisée est importante par rapport à une création en partant de zéro.

Il suffira alors :

  • de l’indétrônable iSrping pour enrichir les PowerPoint de commentaires sonores ;
  • d’une solution comme RapidMooc pour produire de courtes vidéos ;
  • d’un outil de classe virtuelle comme Zoom ou LiveStream ;
  • de ScreenCastOmatic pour produire des tutoriels ;
  • de Sway pour créer des ressources e-learning simples ;
  • de InTeach ou équivalent pour le micro-learning ;
  • et de Google Form ou Mircosoft Forms pour les quiz.

Ou bien de tout autre outil spécifique ou intégré à votre plateforme e-learning (LMS) si vous en disposez.

 

Transformer une formation présentielle en Digital Learning en ne faisant que l’adapter est un compromis acceptable pour répondre aux injonctions de digitaliser la formation, mais n’est pas la solution idéale pour fournir la meilleure expérience d’apprentissages aux apprenants.

 

« On dirait du Digital Learning, mais ce n’en est pas. » — Dr Pepper