« Mais quelle bonne idée, cher client ! Malheureusement, il est trop tard pour changer, et puis, vous avez validé le scénario pédagogique il y a un mois… impossible de faire ces modifications sans surcoût et sans retarder le projet ». Nous avons déjà tous entendu cela. Mais ça, c’était avant.

Vous avez dit agile ?

Il n’existe pas une méthode agile, mais des méthodes agiles. L’agilité en gestion de projet a été formalisée dans un manifeste en 2001 qui pose 4 concepts fondamentaux :

  • Individus et interactions plutôt que processus et outils.
  • Fonctionnalités opérationnelles plutôt que documentation exhaustive.
  • Collaboration avec le client plutôt que contractualisation des relations.
  • Acceptation du changement plutôt que conformité aux plans.

Ces méthodes (RAD, SCRUM,…) ont été initialement appliquées aux développements logiciels, et ont rapidement démontré tout leur intérêt : cycle de développement accéléré, meilleure qualité de la production, meilleure satisfaction des utilisateurs…

Elles ont toutes comme principes :

  • de découper les projets en lots disposant chacun de son propre cycle de vie,
  • de fonctionner en cycles courts plutôt qu’en grandes étapes,
  • de privilégier le prototypage rapide plutôt que les spécifications détaillées,
  • de challenger les idées plutôt que de chercher à les justifier,
  • d’autoriser l’erreur au profit de la qualité.

Tout cela semble formidable, cependant, certains freins sont à lever.

Les freins à l’adoption des méthodes agiles

Comme dans toute conduite du changement, la force des habitudes est importante, d’autant plus que généralement, la gestion de projet s’accompagne d’outils de suivi et de pilotage spécifiquement créés pour la méthode utilisée. Il faut donc non seulement faire table rase des habitudes, mais aussi des outils.

Il y a aussi les aprioris, et ceux-là sont plus difficiles à surmonter que d’adopter de nouveaux tableaux Excel.

Dans la liste des plus courants, on trouve :

  • L’agilité c’est le foutoir, le projet n’est pas cadré.
  • Un projet agile n’a pas de fin.
  • La gestion d’un projet agile est compliquée.
  • L’agilité, c’est un effet de mode.

Mais la principale difficulté sera de se former aux méthodes agiles, en effet, gérer un projet en mode agile ne s’improvise pas, sous peine de ne pas arriver à le piloter.

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe de nombreuses formations à la gestion de projet agile.

 

L’agilité en Digital Learning, ça donne quoi ?

Concrètement, adopter une méthode agile va avoir pour principales conséquences :

  • De se doter d’outils de prototypage rapide d’activités pédagogiques. Pour cela, une simple vidéo tournée avec son smartphone, un schéma sur un paperboard peut tout à fait faire l’affaire.
  • De substituer le scénario pédagogique détaillé par des prototypes rapides permettant de valider la pertinence des intentions pédagogiques.
  • D’impliquer les utilisateurs finaux dès la conception pédagogique avant même de commencer la production des contenus.
  • De gérer de façon dissociée les étapes d’avancement de chacun des grains de formation.

Concrètement, le temps gagné par l’allègement important du temps historiquement consacré à la rédaction du synopsis, du scénario pédagogique, du scénario détaillé ou du story-board, peut être consacré à faire de nombreux prototypes des activités pédagogiques, avec pour conséquence :

  • de concrétiser rapidement les intentions pédagogiques,
  • de pouvoir éliminer au plus tôt les fausses bonnes idées,
  • d’avoir plus de souplesse dans les ajustements tout au long du projet.

 

Passer de la rigidité à l’agilité est un vrai challenge, y compris contractuellement, mais les bénéfices sont incontestables.

 

« L’agilité dans la gestion de projet ? l’essayer, c’est l’adopter ! » — Véronique et Davina

 

 

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