La loi du 5 septembre 2018 permet aux actifs de mobiliser sans intermédiaire leur compte de personnel de formation (CPF) crédité en euros, en sélectionnant leur prestataire à partir d’une application mobile. Les organismes de formation qui veulent se positionner sur ce marché devront adapter leur offre et leur modèle économique.

Le CPF rénové offre plus de liberté et d’autonomie aux bénéficiaires. Mais le marché reste très règlementé. Avant de se positionner, mieux vaut prendre la mesure de ces contraintes. Première barrière à l’entrée : pour être éligibles au CPF, les formations doivent préparer à des diplômes et titres enregistrés au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), à des certificats ou habilitations inscrites au Répertoire spécifique (ex-Inventaire). Le CPF pourra aussi être mobilisé pour des actions telles que la validation des acquis de l’expérience (VAE), les bilans de compétences et la préparation au permis de conduire (permis B et poids lourd). Disposer d’une offre étendue de formations certifiantes fait donc partie des prérequis. La plupart des gros organismes de formation, à l’instar de Cegos et Demos, ont d’ores et déjà étoffé leur catalogue en ce sens.

Adapter son offre

Mais en pratique, c’est la conception même de son offre qu’il faudra repenser. Avec le CPF monétisé, le modèle économique d’un prestataire de formation ne reposera plus sur une tarification horaire. D’autre part, le portefeuille des bénéficiaires sera limité. Au 1er janvier 2019, les actifs verront leur stock d’heures convertis en euros sur la base de 14,28 euros – un chiffre évoqué par le ministère du Travail dont on attend la confirmation par décret.

S’interfacer avec l’application mobile

Disposer de compétences numériques au sein de ses équipes sera déterminant pour accéder en direct au grand public. Les prestataires de formation devront non seulement innover en ingénierie pédagogique et en marketing, mais ils devront aussi adapter leur système d’information à celui de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui va gérer le CPF monétisé et son application mobile (lire l’encadré).

Se certifier

Autre contrainte : le CPF étant financé par des fonds mutualisés, les organismes de formation devront à partir du 1er janvier 2021 justifier d’une certification qualité. Celle-ci sera fondée sur un référentiel national et délivrée par des organismes accrédités par le Cofrac (Comité français d’accréditation).


Repéré depuis https://www.actualite-de-la-formation.fr/une-du-sommaire/une-de-2018/monetisation-le-cpf-renove-change-la-donne-pour-les-organismes-de-formation.html?

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