Il leur était tellement promis, ce marché de la formation continue, si riche en besoins d’amélioration de compétences. Concurrentielle, atomisée, la formation des executives suppose toutefois investissements et innovations pédagogiques. Quelques grandes écoles ont pris de l’avance grâce à la “customisation” de leurs offres, quand les autres proposent souvent un catalogue standard. Si leur méthode s’adapte aux grands groupes et séduit les start-up, aucune ou presque n’a vraiment trouvé un modèle capable d’attirer les PME, se coupant ainsi de 9 professionnels sur 10. Alors, comment les écoles de management et d’ingénieurs répondent-elles à la question pressante de la formation professionnelle ?

Constat implacable, tous métiers confondus : la France pointe au 26e rang sur 33 pays de l’OCDE en matière de formation professionnelle. Seuls 36 % des actifs français ont participé à au moins une action de formation en 2017, moitié moins que nombre de pays européens, en particulier nordiques. Comme nul ne peut croire que les formations françaises soient moitié moins performantes, c’est à l’évidence que d’autres facteurs sont à l’œuvre.

Les grandes écoles hors des écrans radar

Plus que le coût des formations (éligibles au CPF, lequel peut se combiner avec plusieurs outils de financement), les deux réponses suivantes doivent interpeller les écoles. L’organisation personnelle relève directement de leur capacité à concevoir des formats compatibles avec la vie professionnelle ; quant à la méconnaissance globale des droits, il leur revient également (ainsi qu’à l’État) de communiquer davantage à ce sujet… Or beaucoup d’entre elles restent inaudibles : “On observe une fracture entre les très grandes écoles, comme HEC ou l’EM Lyon, qui communiquent beaucoup au sujet de la formation continue, et les autres”, observe Jérémy Jouglas.


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