Jamais les services formation dans le secteur financier n’auront autant bouillonné que pendant la crise sanitaire. A la Caisse d’Epargne Ile-de-France (CEIDF), si le présentiel représentait jusqu’alors 78 % des 23.000 jours-homme de formation annuels, il n’était pas question de mettre le développement des compétences en veilleuse. Ni de faire l’impasse sur les formations réglementaires, qui occupent la moitié du temps de formation global. « L’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, NDLR) a expliqué aux acteurs du marché qu’il n’y aurait pas d’année blanche », souligne Céline Saulin, directrice adjointe de la formation à la CEIDF.

Se concentrer sur l’essentiel

« On ne peut pas suivre sept heures d’affilée de formation à distance. Il faut se concentrer sur l’essentiel, sans dégrader la qualité des contenus, et s’appuyer sur des solutions qui mobilisent plus rapidement l’intelligence collective », expose Céline Saulin. La CEIDF n’ayant pas cessé ses recrutements, le séminaire d’intégration de deux jours a également été transformé en un parcours digitalisé étalé sur quatre semaines.

Des freins levés

L’Ifcam, université du groupe Crédit Agricole (2 campus, 55 millions d’euros de budget), qui a fermé ses portes dès le 12 mars après une alerte sanitaire, a également reporté toute son activité sur le distanciel. Mais 75 % des formations étaient déjà, depuis plusieurs années, accessibles à distance ou en mix-learning« Nous avons d’abord augmenté la capacité d’accueil de notre plate-forme de formation en ligne. Et nous avons eu d’importants pics de fréquentation  jusqu’à 8.000 connexions simultanées    en mai et début juin, détaille Denis Faure, directeur général de l’Ifcam. Puis nous avons transformé nos programmes présentiels en distanciel et intégré à la plate-forme des formations adaptées à la situation : télétravail, gestes barrières, etc. »

Cet élan de modernisation n’est pas près de s’arrêter. « En peu de temps, nous avons déplacé des montagnes. Tout ce que nous avons accompli, nous ne le perdrons pas, assure Céline Saulin. Nous avons convaincu les métiers que nous pouvions former différemment et nous devons nous armer pour faire face à de nouvelles crises, comme la paralysie des transports en commun, surtout en Ile-de-France. » Pour autant, le présentiel n’est pas mort, estiment les responsables formation. Mais il doit lui aussi se réinventer.

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