Thérèse Collins est chercheuse au laboratoire INCC (Integrative Neuroesience and Cognition Center), enseignante au Cogmaster de l’Université de Paris – Ecole Normale Supérieure – Ecoles des Hautes Etudes en Sciences Sociales, et auteur de « Cognition, du neurone à la Société », paru chez Gallimard. Thérèse a accepté de nous partager sa vision des sciences cognitives.

Vous êtes auteur, et initiatrice, de l’ouvrage collectif « Cognition, du neurone à la Société ». Pourquoi avoir souhaité faire une œuvre collective sur ce sujet ?

Pour commencer il faut noter que cet ouvrage se devait nécessairement d’être une œuvre collaborative. Tout simplement car aucun chercheur n’aurait été capable d’écrire ce livre tout seul. C’est justement là la force des sciences cognitives. Ces sciences regroupent tellement de disciplines et d’expertises différentes, qu’elles sont par essence collaborative. Avec les chercheurs.euses Daniel Andler, Emmanuel Dupoux, et Catherine Talon-Baudry, nous avions conscience que les sciences cognitives commençaient à avoir un public plus large que les seuls étudiant.e.s, et qu’elles pouvaient apporter des éléments de réflexion pour l’ensemble des citoyens. Nous avons alors demandé à différents chercheurs de travailler avec nous, afin de traiter de manière inter-disciplinaire des objets tels que la mémoire, la prise de décision, la collaboration. Au cours du temps, cet ouvrage est devenu un manifeste des sciences cognitives comme un lieu d’échange intellectuel au service de la société.

En tant qu’enseignante en sciences cognitives à l’École Normale Supérieure et l’Université de Paris, observez-vous un engouement plus fort de la part de la nouvelle génération d’étudiants ?

Tout à fait. On observe de plus en plus d’étudiant.e.s curieux de ces disciplines. On voit par exemple de plus en plus d’étudiant.e.s s’intéresser aux sciences de l’éducation. Grace à la médiatisation des neurosciences (et au Conseil Scientifique de l’Éducation), et malgré les limites que je viens d’indiquer, on peut considérer qu’elles participent à un renouveau d’intérêt pour une discipline éminemment importante pour la société. Je crois que la société est en train de se rendre compte que toutes ces connaissances sur le cerveau et sur nos comportements peuvent être intéressantes dans la vie de tous les jours, et qu’elles peuvent nous faire grandir.

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