L’homme accroît son potentiel grâce à une variété d’outils numériques, mais les anthropologues et les penseurs de la technologies de la culture nous enseignent qu’à chaque fois que l’homme augmente ses capacités via des outils qui lui permettent d’agir plus efficacement sur son environnement, il se départit du pouvoir naturel d’agir de son propre mouvement.

La plastique mentale et sociale

Tout se passe comme si l’interface avec le monde que l’homme imagine pour sa convenance absorbait en même temps des capacités et des fonctions du corps humain. Aujourd’hui le #numérique ouvre de nouvelles possibilités qui pourraient bien transformer son cerveau et par là toute la société qui l’entoure :

  • les mémoires externes au cerveau humain les téléphones et ordinateurs captent une part du pouvoir de se remémorer et de stocker de l’information,
  • la puissance de calcul dispense de faire des efforts fastidieux de computation ,
  • la géolocalisation atténue le besoin d’observer, de se repérer et d’avoir le sens de l’orientation,
  • la puissance des films, des images et des sons projetés concurrencent l’attraction du récit oral d’un narrateur,
  • le pouvoir des moteurs de recherche et les liens poussés en avant dispense en partie de faire des relations par soi-même entre les idées,
  • la rapidité et les multiples qualités des réseaux sociaux peuvent remplacer des contacts directs physiques et émotionnels entre personnes,
  • les automates, robots, guichets automatiques, se substituent au travail humain pour nombre de tâches répétitives et laborieuses.

Chemin tracé

Si l’adoption débridée de #technologie est à l’œuvre, elles s’insère et crée de nouvelles architectures invisibles, au-delà de l’aspect le plus visible des impacts technologiques, c’est certainement là, que les transformations travaillent la société de l’intérieur. Le numérique et ses applications agiraient comme le lombric dans le terreau, sans bruit, sans être vus, mais en transformant radicalement la structure en terreau meuble et fécond pour d’autres germinations.

Reprendre notre place créative

Ce qui est nommé une crise est en réalité une révision complète des repères humains, un bouleversement systèmique, une transition fulgurante (cf Giorgini).
Le #formateur, comme toute personne humaine, est affecté par ces transformations numériques qui finissent par jouer sur et comme des architectures invisibles.

Dans tous les cas il devra maintenir le pouvoir de la réflexivité, de l’imagination, de l’émotion, de l’amour qui restent le propre de l’humanité, car il ne sert à rien d’être un formateur augmenté s’il s’agit de régresser dans ce qui constitue le propre de notre humanité.

Références

Pour un humanisme numérique – Jean-Christophe Féraud – Libération -2013
http://www.liberation.fr/futurs/2013/10/20/pour-un-humanisme-numerique_940995

Les grands ensembles : nouveaux ghettos français ? Hervé Marchal & Jean-Marc Stébé – Métro-Politiques – 2010
http://www.metropolitiques.eu/Les-grands-ensembles-nouveaux.html