Si l’on s’en réfère à « Liberation Management », l’ouvrage fondateur du consultant américain Tom Peters en 1993, la libération de l’entreprise se fonderait sur l’effacement des lignes hiérarchiques, l’élaboration des tâches en micro-centres de responsabilités et sur la décentralisation de la prise de décision.

Un garant du respect des règles

C’est dans cette perspective que la chaîne de distribution Leroy Merlin a, par exemple, posé sa vision managériale sous la bannière « tous leader ». Le déploiement de cette vision du leadership est piloté via des équipes projet, la conduite d’ateliers d’appropriation et l’alimentation de la plate-forme de formation en ligne.

Comme l’évoque le professeur en ressources humaines Jean‑Marie Peretti, cette vision consiste à considérer que chaque collaborateur est un authentique leader. Ces rôles de coach et/ou leader permettent ainsi aux collaborateurs de cerner plus clairement le périmètre de leurs responsabilités. Quant au dirigeant, leader de la libération, il endosse celui de garant du respect des règles établies mais aussi de leurs évolutions.

Rôles chez Decathlon (2017).

Survivre aux changements de leadership

L’avenir d’une méthode managériale qui doit se stabiliser dans le temps pour permettre la libération de l’entreprise, notamment pour survivre aux changements de leadership, repose en conséquence en grande partie sur les managers. Certes, la mise en lumière de cas spectaculaires de suppression de la ligne hiérarchique reste préférable pour qui veut faire le buzz, mais ce type de communication ne représente en aucun cas la réalité de centaines d’entreprises qui s’engagent sur la voie de la libération avant tout grâce à leurs managers.

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Repéré depuis https://theconversation.com/entreprise-liberee-les-nouveaux-roles-des-managers-128713