Il y a quelques années, du temps où je travaillais pour l’association Algora, formation ouverte et réseaux, le Ministère de l’Education Nationale et de la Recherche nous avait sollicité pour réfléchir à la manière d’intégrer les technologies éducatives dans les universités. Ce qui était alors dans les têtes était d’ailleurs davantage le recours à la distance plutôt qu’au numérique dans les amphis, et les campus virtuels qui se mettaient en place préfiguraient, pour certains d’entre eux, ce que sont aujourd’hui les MOOC.

Le collectif d’experts mandatés pour répondre à cette commande a très vite compris qu’il serait utopique d’espérer transformer radicalement des « enseignants-chercheurs », pour la plupart habitués à faire cours de manière magistrale à des élèves passifs en « formateur-accompagnateur-tuteur » dans un dispositif ouvert et tout à distance ! Il fallait donc y aller progressivement et nous avons alors imaginé la typologie Competice[1] qui propose une graduation dans le recours au numérique : du présentiel enrichi au présentiel quasi inexistant, en passant par le présentiel amélioré, allégé, réduit. Cette typologie a eu un certain succès au-delà de la sphère universitaire et nombre d’acteurs de la formation l’utilisent encore aujourd’hui. Dans un premier temps, nous préconisions donc de réfléchir à la place du numérique au service du présentiel, ce qui passait par le recours au Visio projecteur (tous les amphis n’en étaient pas dotés), à la vidéo ou encore au fait de faire intervenir des intervenants en visioconférence. Ce que nous n’imaginions pas à cette époque (début des années 2000), était que le numérique entrerait dans les amphis par la voie des étudiants, plus que par les enseignants. L’arrivée massive des ordinateurs portables et, bien sûr, des smartphones, ont obligé les enseignants à faire, bon gré mal gré, avec cette nouvelle donne, d’autant que cette irruption s’est étendue des amphis aux lycées, des lycées aux collèges, des collèges aux écoles et, bien sûr, aux centres de formation pour adultes.


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