Un peu plus de la même chose

Nous continuons de surconsommer alors que le réchauffement climatique est désormais perceptible dans de nombreuses régions du monde.  Pour la France, il faut être sourd et aveugle pour ne pas voir par soi-même, sans même avoir besoin de lire un rapport du GIEC ou les alertes d’un Jeremy Rifkin ou d’une Greta Thumberg que des ruisseaux sont asséchés, que des glaciers ont disparu, que des canaux sont fermés, que des températures extrêmes sont atteintes, que des arbres et des forêts souffrent etc.

Comment la pédagogie permet-elle les « changements de niveau 3 » indispensables pour accompagner les mutations attendues ?

Le changement de niveau 1 : production et industrialisation

C’est le plus haut niveau d’homéostasie. Il s’agit de maintenir et de faire grandir le système tel qu’il est. C’est un changement qui consiste à alimenter la situation de plus de la même chose. Ce changement est marqué par l’idée d’adaptation dans une logique d’ajustements mineurs.

Dans nos modèles économiques il s’agit d’industrialiser plus encore en utilisant les économies d’échelle, en modifiant les contenus. En pédagogie par exemple on recycle les contenus dans les médias interactifs en les retouchant à peine, tout au plus en individualisant. C’est la conférence de l’enseignant en amphithéâtre que l’on se contente de filmer et de diffuser en ligne.

Le changement de niveau 2 : servuction et co-production du savoir

Le changement de niveau admet des modifications substantielles de comportement. Il passe par un engagement dans l’action plus marqué. Il vise une résilience parce que les apprenants eux-mêmes sont impliqués dans la production des savoir et des services qui les concernent. Ils apprennent non pas en écoutant et en dupliquant le connu, mais en militant.

Le changement de niveau 3 : disruption et innovation radicale des schémas de pensée

Il s’agit d’une transformation des croyances sur l’orientation même du système et de la cohérence qui relie les éléments qui le composent entre eux. Ici il est possible d’évoquer l’innovation voire l’innovation de rupture. Trois changements de croyances se déploient actuellement :

  • Le transhumanisme est un mouvement intellectuel international qui prend en charge l’utilisation des nouvelles sciences et technologies pour améliorer les capacités mentales et physiques de l’humain afin de corriger ce qu’il considère comme les aspects indésirables et inutiles de la condition humaine, tels que la douleur, la maladie, le vieillissement ou même, en fin de compte, la mort.
  • Le chamanisme est une façon de connecter à la nature, une pratique centrée sur la médiation entre les êtres humains et les esprits, les âmes ou les divinités. C’est une croyance dans des forces invisibles qui nous dominent avec lesquels le chaman nous met en contact.
  • L’accélérationisme : le manifeste des accélérationistes projette dans le développement rapide de technologie la meilleure chance de relever les enjeux climatiques. L’accélérationnisme est une reformulation du capitalisme qui postule la conviction que la technologie actuelle peut être utilisée non seulement pour générer des profits, mais aussi pour aider les gens.

Si ces trois tendances nous laissent un peu sur notre faim, il va falloir inventer autre chose.

Se prendre en main

Pas sûr que les changements de type 3 soient accessibles rapidement, ni même efficients. De la même façon qu’un arbre est limité dans sa croissance à une certaine hauteur, à une certaine profondeur pour ses racines et à une certaine circonférence, notre planète est également limitée dans sa capacité de croissance des activités humaines.

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Repéré depuis https://cursus.edu/articles/43526/changement-climatique-changement-educatif