Individualisation ou personnalisation ?

La question de l’individualisation de la formation a d’abord été exprimée dans le champ de l’orientation et de l’enseignement en cours de massification d’après 2ième guerre mondiale. La théorisation de la question commence pour la France dès 1942 et donne lieu à un ouvrage en 1946 rédigé par Roger Gal, il s’inscrit dans la visée de donner un nouveau souffle à l’enseignement d’un pays à reconstruire. Cette première mention se pose comme une alternative ou une critique du système en place.

La société de l’apprenance (Carré 2005), envisage chacun comme un acteur de son parcours de formation chacun apprendrait à son rythme et selon ses préférences et appétences dans sa situation et pour résoudre ses problèmes propres. Cette visée sociétale faisant de l’apprendre un moteur vital de la société nécessite pour les concepteurs de dispositifs de formation d’aller vers une prise en compte plus forte de l’individu.

La manière d’individualiser, de contextualiser, de différencier les propositions pédagogiques engage différents référents pédagogiques et manière de penser la formation. Qu’individualise-t-on ? L’orientation ? Des parcours ? Des situations d’apprentissage ?  Les modalités d’évaluation ? La formation elle-même ?

L’offre de service de l’individualisation

Les situations d’apprentissage se produisent en « face à face traditionnel », en situation à distance, en situation de travail, voire complétement informelle.

Plusieurs dispositifs sont proposés : les bilans de compétences, les ateliers de pédagogie personnalisés, le coaching, la Validation des Acquis de l’expérience, le tutorat, le mentorat sont des exemples de dispositifs de personnalisation. Les stages, les cycles, les itinéraires, les ateliers de la mobilité, renvoient plus à de l’individualisation.

L’individualisation s’intéresse aussi à l’évaluation des produits d’apprentissage qui comprend l’évaluation diagnostic (préacquis, prérequis), l’évaluation formative en cours de formation à vue de régulation et l’évaluation sommative (critériée ou normative). Elle débouche sur des dispenses de formation, attestations individualisées, reconnaissance d’acquis. L’évaluation ipsative  est l’évaluation de soi par soi-même elle participe également à un regard. Et demain devra-t-on faire de la reconnaissance faciale en ligne pour attester la personne qui passe un  test en ligne ? Comment utilisera-t-on les normes XaPI pour tracer toutes les expériences singulières en ligne ?

Aligner les 3 niveaux de l’individualisation : l’apprenant, le dispositif et l’organisation

La question de l’individualisation croise le niveau micro, celui de la personne singulière de son contexte et de son histoire, le niveau méso des dispositifs conçus qui accueillent les participants et le niveau macro qui organise les conditions de mise en œuvre et de priorisation des moyens. L’alignement de ces niveaux donne toute sa cohérence à l’individualisation mise en œuvre.

Pour prendre une métaphore et distinguer l’individualisation de la personnalisation, il est possible de prendre l’image d’un livre :

  • L’individualisation c’est « La navigation dans le livre dont vous êtes le héros »
  • La personnalisation c’est « Le livre que l’on écrit soi-même »

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Repéré depuis https://cursus.edu/articles/43545/personnalisation-et-individualisation-de-la-formation-a-lere-numerique