Il y a longtemps que l’on se demande si on ne pourrait pas remplacer les enseignants par des ordinateurs. Mais, pour renverser la question, aurons-nous un jour des ordinateurs comme élèves dans les classes ? C’est ainsi que l’on pourrait repenser le pari de Turing (on ne distingue pas la conversation avec un ordinateur de celle avec un humain, pour simplifier), en imaginant que l’ordinateur soit une machine à penser. Mais si seulement l’ordinateur était une machine à apprendre, ce serait déjà une avancée significative. On peut donc envisager qu’il faille faire apprendre la machine et même lui apprendre à apprendre. Si ce débat de la machine contre l’homme existe depuis très longtemps, il est récemment réactivé par un certain nombre de travaux sur la manière dont les machines pourraient apprendre.
 A certains moments, on peut se demander si nos élèves, nos jeunes, avec l’œil et l’oreille attirés compulsivement par les machines ne sont pas déjà dans cet univers et ne sont pas eux-mêmes en train de rendre la machine non pas apprenante, mais co-apprenante. Cette fusion de l’humain et de la machine est un phénomène qui est très visible pour ce qui est des relations interhumaines. Est-ce que les fonctionnalités à venir de ces appareils ne vont pas prendre de plus en plus d’importance dans le quotidien. En 1990, nous nous intéressions à l’intelligence artificielle. A l’époque nous avons tenté d’imaginer ce que serait une sorte de “cahier de brouillon informatique” de l’élève. Mais un cahier de brouillon qui serait un compagnon intelligent, disponible mais surtout capable d’adapter les très grandes quantités d’information reçues pour les rendre facilement disponible au cerveau qui en a besoin en les structurant, les reliant, les relisant. Quand je regarde les piles de papier qui s’entassent sur et sous ma table de travail, je sens que j’ai déjà commencé à rêver à ce que pourrait être une machine apprenante auxiliaire de vie, auxiliaire de l’apprendre. Quand un élève sort son smartphone en classe, il n’utilise que de faibles possibilités de celui-ci. Gageons que dans un avenir pas si lointain que ça, un véritable augmenteur d’apprentissage sera disponible dedans ! Mais pour l’instant, le premier augmenteur de l’apprentissage scolaire reste l’enseignant… mais pour combien de temps encore ?

L’homme augmenté, ce nouveau démiurge, pourra apprendre à apprendre avec la machine… Et se transformera jusqu’à la singularité promu par les transhumaniste… Selon eux, cela devrait se passer vers 2045 avec une forte accélération ensuite.

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