Il fut un temps où l’on a pensé que la formation pouvait se satisfaire de l’accès à des savoirs. La machine à fabriquer des contenus de rapid-learning a alors tourné à plein régime, largement dopée par les promesses des outils magiques. Les (très) faibles taux de complétion et de satisfaction des apprenants face aux entrepôts de contenus ont douché les ambitions des adeptes de la mécanisation de la formation. Il manquait un élément important, voire essentiel : l’humain !

 

L’humain “dans” les contenus

Former est une activité humaine dans sa forme la plus naturelle et la plus traditionnelle : le sachant (un formateur, un enseignant ou un expert) qui incarne les savoirs et qui les transmet aux apprenants (des stagiaires ou des élèves). Ce couple sachant / apprenant échange, interagit en permanence, en suivant un déroulé pédagogique alternant apports théoriques, mises en pratique, évaluations.

Dans les situations synchrones, le sachant est présent avec les apprenants, physiquement en salle, ou à distance en classe virtuelle.

Dans les situations asynchrones, celui-ci est souvent présent sous forme de vidéo pédagogique, mais quand cela n’est pas possible, il ne faut pour autant pas s’en passer. C’est alors qu’il est important d’user du storytelling pour introduire un narrateur qui va se substituer au sachant pour transmettre le savoir, interpeller les apprenants, provoquer des réflexions, et dans quelque temps peut-être grâce à une vraie intelligence artificielle, comprendre et répondre aux questions des apprenants.

L’humain pour enrichir les contenus

Vous souvenez- vous de ces échanges riches et passionnants lancés à l’improviste entre apprenants pendant une formation en salle ? (quand c’était encore possible).

Former, apprendre, c’est tout cela : ces échanges et ces partages de bonnes idées, de bonnes pratiques, de questions pertinentes et de réponses personnalisées.

L’interaction humaine est indispensable à la formation. Quand la formation en salle n’est pas ou plus possible, il faut trouver des moyens pour s’y substituer. C’est la promesses des plateformes LEP ou LXP (Learning Engagement Platform ou Learning eXperience Platform) qui permettent d’ajouter aux dispositifs de formation des outils d’interaction entre apprenants, avec les sachants et les tuteurs, mais aussi la possibilité de proposer ou produire des contenus additionnels. Quand on ne dispose pas de ce type de plateforme, un groupe Whatsapp (ou Signal) ou un espace Slack, Teams permettent de recréer ces échanges humains productifs.

L’humain pour maintenir la motivation

Très peu d’entre nous sont capables d’apprendre seuls. Nous avons besoin de retours d’information sur notre façon d’apprendre, notre progression, le niveau atteint (les fameux feedbacks). En salle, cela peut-être un simple acquiescement du coin de l’œil, l’approbation d’une réponse donnée, le retour formel à un exercice.

À distance, toutes ces interactions doivent également exister. Elles sont moins simples et moins évidentes à mettre en œuvre. La distance n’aide pas, et l’asynchrone érode leur pertinence, mais ce ne sont pas de bonnes raisons pour s’en passer.

La principale raison à l’origine de l’absence des ces interactions est souvent le manque de moyens humains pour assurer cette astreinte d’interactions proactives, bienveillantes, encourageantes.

L’autocombustion (la motivation spontanée) n’existe que très rarement en formation à distance, le rôle des interactions humaines est de la déclencher, et surtout la maintenir.

 

 

“La formation sans l’humain n’en est pas.” — Jean Pic de la Mirandole

 


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