La formation a beaucoup évolué depuis 20 ans, et plutôt dans la bonne direction : elle s’est largement démocratisée et modernisée. Pour s’adapter aux contexte et attentes d’aujourd’hui, mais surtout se préparer à ceux de demain, il lui reste 3 grands défis à relever : la pédagogie, la technologie, le financement. Prêt à relever les défis ?

 

Le défi de la pédagogie

En formation, la pédagogie n’est ni une évidence ni une formalité, et la différence est grande entre la maîtrise d’un sujet et sa capacité à le transmettre.

En formation en salle, la transmission de savoirs est une affaire de groupe, les stagiaires sont les sparring-partner du formateur, et l’aident à trouver la bonne explication, le bon rythme, le bon dosage entre théorie et pratique, et ceci à chaque session.

En Digital Learning, les concepteurs et producteurs de parcours de formation fonctionnent un peu « à l’aveugle », et les capacités d’ajustement d’un parcours sont beaucoup plus limitées qu’en présentiel. Quand le bilan post-formation révèle qu’une vidéo est confuse, qu’un exercice est plus un piège qu’une aide à la compréhension, qu’un sujet n’est pas assez approfondi ou que la progression est trop brutale, il est possible de faire quelques changements, mais quand un parcours est bancal pédagogiquement, il est difficile de le remettre sur pieds.

Les professionnels de la formation ne doivent pas prendre pour acquises leurs compétences pédagogiques, et doivent être particulièrement vigilants à les évaluer, les renforcer et les adapter aux nouveaux parcours digitaux.

Le défi de la technologie

La formation n’y échappe pas, comme dans bien des domaines, il est facile de confondre besoin et solution. Le besoin est bien de rendre la formation plus accessible, plus souple, plus individuelle, plus adaptée, plus courte, plus efficace. La tentation est grande d’utiliser de nouvelles technologies, de nouveaux outils pour répondre à ces besoins sans s’interroger sur leur réelle utilité. Il est certain qu’individuellement, ces nouveaux outils sont intéressants et séduisants, cependant, comme toute composition, qu’il s’agisse d’un cocktail ou d’un parcours de formation, la réussite est question d’équilibre et de dosage. La difficulté ne consiste donc pas à faire le choix du meilleur outil auteur, du meilleur LMS ou l’application de mobile-learning, mais bien de définir ses besoins et les usages attendus des différents outils.

Empiler les outils sans logique évidente ne peut qu’entretenir le trouble et la confusion plutôt que l’intérêt et l’engagement des apprenants.

Le défi du financement

Comment dit-on déjà ? Ah oui, « être entre le marteau et l’enclume ! »
Cette inconfortable situation concerne à la fois les entreprises et les offreurs.

Pour les entreprises, la bonne nouvelle de la réforme concerne le taux de la cotisation unique à la formation qui n’augmente pas. La mauvaise nouvelle, c’est qu’en dehors des maigres financements de CPF, les entreprises de plus de 50 salariés ne peuvent pratiquement plus bénéficier de co-financement. Celles-ci se retrouvent dans une situation où les importantes et nécessaires formations à proposer aux collaborateurs pour ajuster leurs compétences aux besoins de compétitivité des entreprises — renforcées par les obligations de formation — ne sont plus financées et doivent faire l’objet de budgets supplémentaires dans un contexte où se sont plutôt les économies qui sont recherchées que les dépenses additionnelles.

Pour les offreurs de formation, la forte incitation à rendre les formations certifiantes et à prendre le virage de la digitalisation les conduisent à investir fortement dans la transformation de leurs offres alors que la pression sur les prix n’a jamais été aussi forte.

Pour l’ensemble des acteurs, c’est une toute nouvelle mécanique d’investissement, de financement et de valorisation qu’il faut inventer pour être capable de proposer et dispenser des formations à la hauteur des besoins.

 

 

« 3 p’tits derniers pour la route ! » — Héraclès