L’IA est révolutionnaire, la révolution est en marche et chacun doit s’y engager pour ne pas être dépassé voir pour saisir les opportunités de cette disruption.
Il est légitime alors de s’interroger sur son impact dans le monde de la formation. Qu’est-ce que l’IA va changer dans la formation ? Qu’est-ce que peut-être le « jamais-vu » de l’IA ? Que faut-il penser de ces transformations métier ?

1, La gestion administrative réinventée

La formation connaît un enfermement bureaucratique, au sens de Michel Crozier (Le phénomène bureaucratique, 1963), qui privilégie l’efficience à l’efficacité, la culture du process. Il ne s’agit plus tant d’évaluer la pertinence de la formation que d’évaluer la manière de la réaliser.

Qu’est-ce que l’IA peut changer à cette situation ? De nombreux experts pensent que 2025 sera l’année des agents ou des assistants numériques.
Quelles conséquences pour la gestion de la formation ? Les tâches administratives qui sont chronophages et de faibles valeurs ajoutées seront déléguées à des assistants numériques qui sont bien adaptés à des process standardisés : création de tableaux de bord, recherche et réponse à des appels d’offres, recherche et réponse à des financements, qualiopi,… Le responsable de formation sera libéré de ces activités ne devenant que le superviseur de l’IA.

2, La pédagogie libérée

L’IA s’affiche omnicanal, ce qui permet de construire un écosystème multicanal. Le multicanal signifie plusieurs formes de support, le cross canal et encore d’avantage l’omnicanal permet d’augmenter le mix pédagogique et de créer ainsi un écosystème apprenant. Si l’on prend Chat GPT Voice, qui permet une interface d’entrée par la voix, l’ensemble de la conversation est automatiquement retranscrite sous forme de texte. La voix appelle le texte. Inversement, si l’on prend le cas de Notebook LM le texte génère la voix. Il suffit de déposer un texte, un rapport, un livre pour générer automatiquement un podcast sur le document où l’on entend deux personnes qui discutent sur l’intérêt de l’ouvrage, la transcription est automatique. Et c’est sans parler des techniques de text to video ou de text to picture qui nécessite encore la maîtrise du prompt, mais qui demain devrait être encore plus fluide.

3, L’apprenant libéré

Si la pédagogie se libère au point d’ouvrir des opportunités nouvelles à l’ensemble des professionnels de la profession, de par sa simplification d’usage tout à chacun va pouvoir s’approprier cette pédagogie, même l’apprenant. Au point que l’apprenant change de statut et pour reprendre le mot d’Ivan Illich, il peut devenir « auteur » de ses propres apprentissages. Qu’est-ce que cela pourrait changer ? L’inflation décentralisée des contenus se traduirait par une anarchie de la formation où chacun créerait les contenus qu’il veut. Anarchie signifie étymologiquement dénué de commencement, autrement dit une absence d’autorité préalable, permettant à chacun d’être sa propre autorité, autonomie de l’apprenant. L’apprenant n’est plus dirigé, il se dirige au gré de ses besoins et/ou de ses envies.

Qu’est-ce que cela change si l’apprenant devient son propre pédagogue, son propre formateur grâce à la machine ? La première conséquence serait la désintermédiation, l’IA permet de se passer des corps intermédiaires de la formation. Plus que jamais la pédagogie augustinienne (« Le maître intérieur ») permet de construire une liberté nouvelle dans la formation. Elle supprime la verticalité traditionnelle, ce qui ouvre une nouvelle posture au savoir.

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