
Publié dans : Pédagogie
L’équipe de la Cardie de Créteil a décidé de parler du « pas de côté ». Ce temps de distanciation réflexive après une activité vécue en formation optimise-t-il l’appropriation et le transfert des pratiques dans le quotidien professionnel ? Ce « pas de côté » est-il une pratique de formation, un geste professionnel ou un art de pédagogue ?
Ces échanges informels révèlent un constat partagé : entre la théorie hors-sol et le « faire pour faire », le transfert professionnel semble être l’impensé de la formation. Je montre une poupée russe et j’annonce : « Nous allons commencer par faire une activité. »
LA DÉSTABILISATION : PREMIÈRE POUPÉE
« Quelle est LA condition pour qu’une pratique vécue en formation soit transférée ensuite dans le quotidien professionnel ? » Les participantes et les participants ont deux minutes pour indiquer leur avis sur une carte. Quand le timer retentit, des groupes de quatre se forment selon la couleur des cartes et une nouvelle consigne est donnée : « Discutez de vos avis pendant six minutes. »
UN « PAS DE CÔTÉ » : DEUXIÈME POUPÉE
J’ouvre la première poupée, qui symbolise l’activité que nous venons de vivre, pour en extraire une seconde plus petite : le « pas de côté ».
Nous venons de faire une activité de travail en groupe. Voici maintenant un temps libre pour en discuter ensemble. La parole est libre : « Qui veut en dire quelque chose ? » Silence. Une participante brise la glace : « C’est bien organisé et c’est dynamique ! » Silence. « Moi j’ai trouvé cela frustrant, car le temps s’est arrêté alors que j’avais encore des choses à dire dans mon groupe », complète un collègue.
UN « PAS DE CÔTÉ » SUR LE « PAS DE CÔTÉ » : TROISIÈME POUPÉE
Je sors la troisième poupée pour ne pas nous perdre dans la mise en abyme. Nous voilà donc en train de regarder ce qui s’est passé, non pas lors de l’activité mais pendant le « pas de côté ». Ce temps était d’abord long au démarrage avec peu de prises de parole, puis elles se sont intensifiées et ont progressivement glissé de la description à la prise de recul sur l’utilisation de ce travail en groupe… En formation, le fameux transfert.
LA PETITE POUPÉE À NE PAS OUBLIER
L’atelier se termine. Une poupée est restée logée dans la troisième. La plus petite. Du fait de sa taille, nous oublions parfois qu’elle se loge au cœur des préoccupations de toutes les autres. Et si cette poupée représentait celui ou celle pour qui nous œuvrons tous collectivement : l’élève ?
C’est ce qu’a rappelé Peggy Delunsch, formatrice Evars, à la fin de cette journée. Un rappel qui ouvre une autre perspective : envisager cette pratique du « pas de côté » dans le contexte de la classe. Cette métacognition ritualisée dans la classe assure une sorte de transfert pour que les activités réalisées par les élèves ne se cantonnent pas à de l’exécution, mais qu’elles permettent à toutes et tous d’apprendre ce qui, bien souvent, reste caché derrière la tâche.
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