Y a-t-il beaucoup d’injonctions plus inutiles en classe que le fameux «  soyez attentifs  » lancé aux élèves avant un cours, avant une dictée ou un devoir sur table ? Y a-t-il beaucoup d’appréciations plus vaines que, sur un bulletin, la phrase «  n’est pas assez attentif  » ? Y a-t-il constat plus stérile et décourageant que la phrase résignée de l’enseignant se désolant, «  ils ne sont pas attentifs, on ne peut rien faire avec cette classe. Et c’est le cas de tant de jeunes aujourd’hui  » ?

On se doute bien qu’un dossier sur le thème de l’attention, qui n’avait pas été réalisé par notre revue depuis 1955, a une autre ambition que d’en rester aux descriptions simplistes de l’état des lieux supposé dans notre école ou aux coups de menton volontaristes qui ne servent pas à grand-chose.

À l’heure des bouleversements qu’a entrainés la crise sanitaire (notamment la mise en avant de formes d’enseignement à distance), de la multiplication des distracteurs qui nichent dans votre poche et ne demandent qu’à vibrer, on doit penser l’attention autrement qu’au temps mythique des bras croisés et du regard braqué sur l’enseignant qui professe. En reprenant cette idée majeure qu’accompagner les élèves sur le chemin de l’attention efficace, c’est aussi l’inviter à y trouver le plaisir de la maitrise de soi et des choses.

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