« Former » est presque le seul mot en commun entre la formation professionnelle et l’enseignement. Et pourtant, il existe entre ces deux activités de nombreux points communs, et en même temps, beaucoup de divergences. Portrait de ce Yin et Yang de la formation.

 

Le rapport aux contenus

En formation professionnelle, le contenu n’est pas une propriété de son auteur, c’est un produit, commercialisé ou non, il répond à une commande précise : un thème, une cible, une durée, un format. Une fois produit, le contenu est diffusé soit en salle, soit en ligne. Et sa consultation est mesurée précisément, en jour ou en heure. C’est le centre du système, l’objet précieux. Ses auteurs sont rarement cités, en formation professionnelle, les stars, ça n’existe pas.

Dans l’éducation, le contenu est propre à chaque enseignant, il y a bien un programme qui définit ce qui doit être enseigné, mais libre à chacun de s’y prendre comme il le souhaite. Le contenu est personnel, et rares sont les échanges de contenus entre enseignants. Ceci pour une bonne raison ; ce qui fait la valeur d’un enseignement, ce sont ses publications universitaires, ses livres, ses « œuvres ». L’éducation elle a ses vedettes !

 

Le rapport aux formés

En formation professionnelle, le formé, est le client final, il a le pouvoir de choisir le prestataire à qui il va confier une partie de son budget formation. Sa satisfaction est donc décisive pour la fidélisation.

Dans l’enseignement supérieur, le rapport est inverse, c’est l’école qui choisit ses élèves, sur dossier ou par concours, c’est aux élèves de faire la preuve qu’ils « méritent » telle ou telle école.

Le point de rapprochement est lorsque la prestation de formation est payante. Dans ce cas, en formation professionnelle comme dans les écoles, en général, quand on paye, on valide la formation. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’est pas de qualité, mais le résultat en est presque assuré.

 

Le rapport aux objectifs visés

En formation professionnelle, ce qui est principalement visé, ce qui est mesuré, c’est l’achèvement des formations. Le commanditaire attend de la discipline, de l’assiduité de la part des formés, il en veut pour son argent : qu’ils terminent la formation. Bien sûr, la réussite est également observée, mais elle passe largement au second plan par rapport au « volume » de personnes formées. Ah ! cette satanée culture du chiffre au détriment du résultat… Elle est tellement présente, que pendant de très nombreuses années, ce qui était demandé pour prendre en charge une formation, était une attestation de présence ou d’achèvement, et non de réussite.

Dans l’éducation, ce qui est cherché par les enseignants, c’est bien la réussite des élèves plus que leur présence. Elle est d’ailleurs continuellement mesurée par des devoirs, des travaux dirigés, des épreuves, des diplômes.

 

Une même activité : former, deux mondes différents, avec chacun son vocabulaire (formé vs élève, session vs cours, formateur vs professeur). Avec pourtant les mêmes besoins de compétences en pédagogie, en accompagnement, en capacité à formaliser et à transmettre son savoir.

Deux univers parallèles qui ne cherchent pourtant pas à se croiser, encore moins à se rejoindre.

 

« La formation est une pièce à 2 faces. » — Henry Jekyll

 


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