FirstClass ou Macromedia PathWare, ça vous dit quelque chose ? C’était les tout premiers LMS (Learning Management System) nés dans les années 90 avec l’apparition de l’AICC et du Web Based Training. 30 ans plus tard, les LMS sont toujours au cœur de la formation, et espèrent même en prendre les commandes. Alors, qui sont-ils, et où vont-ils ?

Les différents types des LMS

 

La compétition entre LMS fait rage, et chacun y va de sa « nouvelle génération » de plateforme. (Il y a quelques années, pour tenter de tuer les LMS, certains ont dit qu’ils avaient le SCORM 😀)

Voici une petite chronologie de l’évolution de leurs acronymes :

  • LMS : Learning Management System :
    les premières plateformes avec les fonctions de base : centraliser, diffuser et tracer la consultation des contenus ;
  • LCMS : Learning & Content Management System :
    un LMS avec des fonctionnalités de production et de gestion des contenus ;
  • LEP: Learning Engagement Plateform :
    ces plateformes soignent particulièrement l’UX (User eXperience) avec des interfaces épurées, responsives, et apportent une dimension sociale à l’apprentissage ;
  • LXP : Learning eXperience Plateform :
    cette dernière évolution définie par le Gartner Group (elle aussi appelée LEP) intègre en complément des précédentes, des fonctionnalités de curation, d’adaptive learning, et de recommandation ;
  • xLMS : eXtended Learning Management Plateform :
    cette dernière appellation se veut humaine, étendue et connectée au terrain par le prise en compte du coaching ;

Et ce n’est certainement pas terminé.

Les dernières générations de LMS mettent en avant des caractéristiques séduisantes :

  • la mobilité: avec des app natives ou des interfaces responsives ;
  • la diversité des formats : elearning, blended, vidéo, micro-learning… ;
  • le social learning : avec l’échanges entre pairs, avec les auteurs, les experts et les tuteurs ;
  • l’interactivité: entre apprenants avec des challenges, des battles ;
  • la personnalisation: avec les toutes premières apparitions de l’adaptive learning ;
  • la recommandation: basée sur une analyse globale et individuelle des activités d’apprentissage ;
  • la valorisation: par des certificats, des badges, des attestations partageables sur les réseaux sociaux.

Ces caractéristiques dépassent largement celles des premiers LMS, mais est-ce encore suffisant pour devenir la plateforme idéale ?

Évolutions prévisibles

L’évolution des LMS n’est pas terminée. Elle se poursuit sur 2 plans :

  1. les usages :
  • du contenu, encore du contenu, toujours plus de contenu… : d’origine externe (par curation), ou interne par production directe par les utilisateurs (User Generated Content) et les experts ;
  • encore plus de collaboratif: entre les apprenants, avec les experts et les facilitateurs ;
  • de la personnalisation: par la consultation de contenus recommandés sur la base de l’historique, des compétences, des objectifs et des centres d’intérêt ;
  • la sélection naturelle : en notant, en commentant et en donnant son avis sur les contenus ;
  • la reconnaissance des efforts et de la progression.
  1. les fonctionnalités:
  • la conception pédagogique : qui commence à être intégrée dans les processus de production de contenus ;
  • la création de contenu : en enrichissant les outils intégrés des fonctions nécessaires à la production de médias vidéo, podcasts, micro-learning ;
  • l’animation des communautés : en se rapprochant de ce que proposent les meilleurs réseaux sociaux ;
  • l’évaluation: en dépassant le simple quiz pour prendre en compte la mesure de l’effort plus que le résultat, et la progression plus que le niveau ;
  • le reporting: en poursuivant la recherche du tableau de bord idéal.

Vers le LMS invisible ?

L’avenir des LMS semble radieux, mais une ombre rôde et plane autour de lui depuis quelque temps : xAPI.

Sa vocation est d’interconnecter tous les outils permettant de pratiquer une activité pédagogique.

xAPI n’est pas un outil ou un produit. C’est un standard qui définit :

  • un langage de description d’activités pédagogiques. Par exemple :
    • Philippe a terminé ce module
    • Anne a réussi ce test en 10 minutes, avec un score de 74 %
    • Philippe et Anne ont réussi leur exercice à 13h04
    • Anne a regardé cette vidéo
    • Anne a partagé ce document
  • un mécanisme de communication entre systèmes de formation
  • une zone de stockage des données : le LRS (Learning Record Store)

xAPI peut se nicher partout :

  • dans les contenus eLearning ;
  • dans les Serious Game ;
  • dans les App mobiles ;
  • dans les réseaux sociaux ;
  • dans les objets connectés ;
  • dans les plateformes de contenus ;
  • dans les LMS eux-mêmes ;

xAPI est un vrai cheval de Troyes qui risque de couper l’herbe sous le pied des LMS qui cherchent à tout faire. xAPI permet en effet de constituer un écosystème de formation en connectant une collection d’outils qui se substitue pour tout ou partie aux LMS.

Décidément, rien n’est encore joué dans le monde des LMS.

(Volontairement, nous n’avons cité aucun produit).

 

« Je vois, je vois… un bel avenir pour les LMS » — Mme IRMA