L’innovation (amélioration de l’existant), à ne pas confondre avec l’invention (création de nouveautés) est l’un des mots à la mode dans le vocabulaire Novlangue de l’univers de la formation. Comme si celle-ci avait hiberné ou qu’elle n’avait jamais innové avant l’arrivée du digital, des startups et des cracks du marketing. Ah bon ? Vraiment ? La formation n’a pas attendu l’arrivée des smartphones et des casques de réalité virtuelle pour innover.

Flashback sur les innovations des 40 dernières années.

 

Les années 80

Les années 80 sont celles du Minitel, de CompuServe et d’AOL : l’accès aux services en ligne pour le grand public : le Web avant le Web au doux bruit des modems 56 K.

Les universitaires ont largement utilisé ces premiers réseaux pour collaborer, travailler à distance et former.

Les entreprises et le grand public ont de leur côté profité de géniales inventions :

Ces supports et ces ordinateurs ont engendré une nouvelle génération de logiciels capables de prouesses multimédias au regard de la puissance ridicule dont ils disposaient :

En formation, tous ces outils ont permis de créer les premières générations de « didacticiels » ou encore appelées EAO (Enseignement Assisté par Ordinateur). Voici un exemple avec Tencore (dites-nous en commentaire si vous réussissez l’exploit de le visualiser).

 

Les années 90

10 ans après l’arrivée des réseaux de données et les ordinateurs individuels, ceux-ci gagnent en puissance et découvrent la couleur. Philips propose le CD-I et son lecteur multimédia dédié. Poilâne s’empare de cette technologie prometteuse pour développer une des premières formations multimédias interactives à gros budget pour répondre aux besoins de formation que provoque sa croissance rapide.

Dans la même période, France-Télécom inaugure son réseau numeris à l’incroyable débit de 2 Mbits. Info Convergence, une des premières sociétés de visio-formation mise avec succès sur cette technologie pour développer des formations bureautiques one-to-one en visio. La visio-formation et la classe virtuelle deviennent des modalités accessibles.

Mi 90, tout bascule. Le Web arrive sur les écrans avec les navigateurs Mosaic, puis Netscape Navigator, et enfin (malheureusement) Internet Explorer, qui devient le principal navigateur Internet. Le web se dote du premier moteur de recherche avec Altavista et du premier annuaire de sites avec Yahoo. L’information et le savoir deviennent accessibles à tous, et gratuitement.

La formation s’empare immédiatement du web pour proposer des formations multimédias en ligne avec Flash (anciennement Future Splash animator), le e-Learning est né, son succès est fulgurant et ce n’est que bien des années plus tard, quand les stocks de formations en Flash seront énormes, que les imprudents comprendront que tout miser sur une seule technologie est risqué.

 

Les années 2000-2019

En 2001, Internet a failli faire « pshitt » quand sa bulle spéculative a implosé. Les principaux sacrifiés sont boo, Books-a-Million, FreeInternet, Pets… les valeurs technologiques internet perdent 75 % de leur valeur.

Quelques années plus tard, Linkedin, puis Facebook comprennent que le Web peut non seulement être la plus grande encyclopédie en ligne, mais surtout un excellent moyen de mettre en relation ses utilisateurs et leur donner le pouvoir. Le Web 2.0 était né.

En 2007, le premier iPhone permet au Web de s’affranchir d’une prise électrique : Internet et accessible à tous, et de partout. C’est aussi le signal de départ de l’UGC (User Generated Content), car si le smartphone perd un clavier et une souris, il gagne surtout un micro, un appareil photo, une caméra, et une surprenante facilité d’utilisation par rapport aux ordinateurs de l’époque.

 

Aujourd’hui, quand on lit que passer d’un LMS à un LXP est disruptif, que le mobile-learning est d’une innovation folle, ou que les MOOCs ont révolutionné la formation en ligne, les vieux sourient en se remémorant le passé.

Il y a presque 40 ans, alors que les termes Intelligence Artificielle, Adaptive Learning, ou Micro-Learning n’étaient pas encore connus, les concepteurs pédagogiques inventaient et développaient déjà tout ce qui émerveille aujourd’hui les nouvelles générations qui sans le savoir ne font que ré-inventer ce qui existait déjà bien avant qu’elles ne soient nées.

 

« La méconnaissance du passé est la principale cause des erreurs du présent » — Antonio Manuel Pérez Álvarez