Les acteurs français du numérique éducatif espèrent que le confinement aura fait tomber le tabou qui leur barre la route des classes. Un vrai enjeu de souveraineté pour le pays alors que les Gafam dominent la technologie.

Chloé, quatre ans, est fin prête pour sa visioconférence Zoom, l’entretien d’évaluation avec sa maîtresse qui, à 800 kilomètres de distance, allait déterminer son entrée en grande maternelle. Sur sa table, d’un côté de l’écran, ses crayons de couleur, de l’autre, son doudou, en cas de panique. Tout s’est très bien passé. Pendant que défilaient sur les chaînes de désinformation continue les profs qui expliquaient, telle cette vieille pub Renault : « ça ne marchera jamais », il semble que leurs confrères aient fait franchir au « mammouth » un pas décisif. En envoyant dare-dare des exercices aux 12 millions d’élèves, en affrontant les plantages du CNED, en trouvant des solutions pour 600.000 enfants privés de matériel informatique.« L’image du professeur routinier, attaché à son statut, résistant à tout changement, tout cela a été balayé en quelques semaines », souligne, certes optimiste, le sociologue François Dubet pour « Challenges » qui estime que « le virus aura fait ce que ni les gouvernements ni les syndicats n’ont pu réaliser ou empêcher ». Le ciel scolaire l’entende.

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