Se former en se testant pour apprendre durablement

De nombreuses études en psychologie cognitive ont systématiquement démontré que nous nous souvenons mieux d’une information après avoir été testés dessus, plutôt qu’après une simple relecture : c’est ce qu’on appelle le testing effect.

Mais comment expliquer cet effet ?

Lorsque nous devons répondre à une question, il faut que notre cerveau fasse l’effort d’aller chercher l’information pertinente afin d’y répondre correctement : c’est ce qu’on appelle l’effort de récupération. Ce faisant, notre cerveau consolide les « chemins » menant à l’information cible, et multiplie leur nombre. Ainsi, nous sommes plus performant lors du test suivant tout simplement parce qu’il est plus facile d’accéder à cette information [4]. Un certain niveau de difficulté est donc bénéfique : plus les tests pendant la période d’apprentissage sont difficiles, plus l’effort de récupération est important, et donc meilleures sont les performances à l’examen final [5] (voir notre article sur la conception de tests efficaces).

Prendre en compte le testing pour de meilleures stratégies d’apprentissage et de montée en compétence

Mettre ses connaissances à l’épreuve par des tests est donc une stratégie d’apprentissage efficace au vu des résultats actuels de la recherche sur le sujet. Paul aurait ainsi eu tout à gagner à transformer ses sessions de relecture en sessions de tests. Aujourd’hui, les tests sont surtout synonymes de notes et de mesures de performance, et sont donc souvent craints par les apprenants. Au regard des bénéfices apportées par le testing, un changement de mentalité s’impose : il est temps que les tests soient perçus comme de véritables outils d’apprentissages par les apprenants et les enseignants, et utilisés comme tels. Administrés de manière régulière à de pures fins d’apprentissage, les tests pourraient ainsi permettre un enseignement plus efficace et plus durable.

—————

Repéré depuis https://www.didask.com/blog/articles/testing-effect-apprendre-durablement/