La mémoire est une fonction passionnante et encore mystérieuse, et si l’on peut aisément trouver des lieux de mémoire, sait-on à quel endroit, dans le cerveau, est stockée notre mémoire ?

La mémoire fugace des organes sensoriels

Notre cerveau est le centre stratégique des circuits de la mémoire. En permanence sollicités, nos cinq sens envoient en effet leurs informations à l’hippocampe. Celles-ci passent par le filtre du cerveau émotionnel, ou système limbique, pour être projetées vers les aires du cortex cérébral qui leur sont dédiées. Reste que sur le très court terme, différentes mémoires sensorielles (visuelles, olfactives, tactiles, gustatives, auditives) sont gérées par les organes sensoriels.

L’hippocampe : un carrefour obligé

Les souvenirs d’événements divers et variés ne sont toutefois pas stockés dans l’hippocampe : les informations ne font que transiter dans cette structure, comme dans un carrefour où elles sont associées avant de rejoindre d’autres zones du cortex cérébral (région occipitale pour les souvenirs visuels, temporale pour les souvenirs auditifs, etc.) où elles seront conservées. À l’inverse, notre mémoire spatiale est en partie archivée dans l’hippocampe.

Au cœur du cerveau émotionnel

Inconsciente, c’est-à-dire automatique, cette mémoire émotionnelle est la plus longtemps mobilisable. De plus cette mémoire implicite est celle des savoir-faire – lacer une chaussure, nouer une cravate, conduire sa voiture, etc. Et elle est plutôt associée à des modifications dans le cervelet (structure cérébrale très liée au contrôle moteur) ou encore dans les ganglions de la base (aussi appelés noyaux gris centraux) et le cortex moteur.

Les deux hémisphères du cerveau

Le cortex, aussi qualifié de matière grise, correspond à la couche la plus externe du cerveau et englobe toutes les autres structures. Il est composé de deux hémisphères cérébraux. Séparés par un sillon, ils ne sont toutefois pas isolés et communiquent entre eux par le biais de fibres nerveuses portant le nom de corps calleux. On sait qu’ils s’entraident et s’échangent en permanence des informations. Mais depuis les travaux de l’Américain Roger Sperry (prix Nobel de physiologie ou médecine en 1981), il est classique de considérer qu’ils ont chacun leurs spécialités – chaque hémisphère recevant en outre des informations sensorielles et commande les réponses motrices de la moitié opposée du corps.

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