« Fais pas ci, fais pas ça… », la petite ritournelle bien connue des enfants turbulents se fait parfois aussi entendre dans le domaine de la formation. Entre les pédagogues puristes, les technophiles pointilleux, les tuteurs dictateurs et les RF conservateurs, la formation a parfois du mal à sortir du cadre. Il y a pourtant mille façons de former si on se permet de ne pas être totalement orthodoxe.

 

Lâcher prise sur le ton

« Le sujet est sérieux, on ne peut pas le traiter à la légère ». Voilà l’argument trop souvent entendu pour rejeter une proposition d’un concepteur pédagogique ou d’un formateur qui sort de l’ordinaire et jugée inappropriée.

Et pourtant, le prise de recul, le changement d’angle de traitement, le décalage de ton, l’humour sont des atouts très puissants pour renforcer l’attention et la motivation.

Quand vient l’heure d’expliquer la règle de trois, il vaut mieux partir d’un exemple léger, voire amusant comme :

« 3 canards dans une mare font 6 coin-coins par heure, combien de temps faudra-t-il à 4 canards pour faire 10 coin-coins ? » 

Plutôt que d’entrer rapidement dans le vif du sujet par :

« En mathématiques élémentaires, la règle de trois ou règle de proportionnalité est une méthode mathématique permettant de déterminer une quatrième proportionnelle. Plus précisément, trois nombres a, b et c étant donnés, la règle de trois permet, à partir de l’égalité des produits en croix, de trouver le nombre d tel que (a, b) soit proportionnel à (c, d). » (Wikipedia).

La liberté de ton est importante, elle permet de dédramatiser et désacraliser un sujet perçu comme austère ou complexe, de s’autoriser à le traiter sans se prendre au sérieux, même s’il s’agit d’un sujet sérieux.

Un expert aura du mal à accepter qu’on simplifie ou qu’on détourne son sujet en utilisant un ton ou une métaphore audacieuse qu’il considérera comme déplacé. Il aurait raison si le cours était destiné à d’autres experts. Il se trompe si l’objectif est de sensibiliser, faire découvrir ou vulgariser le sujet.

 

Lâcher prise sur la méthode

« Le formateur est là pour former, il doit transmettre le savoir et s’assurer que tout le monde a compris ». Cette représentation académique de l’enseignement et de la formation est solidement ancrée.

Et au-delà de cette représentation, c’est le statut même de formateur qui est très présent : « on ne peut pas s’improviser formateur ».

Ah bon ?

Il nous est pourtant tous arrivé qu’un ami, qu’un collègue nous explique une notion qui nous posait problème, en toute décontraction sur le bord d’un bureau, de façon simple et naturelle, et surtout avec efficacité.

Avec l’arrivée du e-Learning, les principes pédagogiques hérités du passé ont été simplement transposés. Ainsi un module était bien souvent rythmé par le classique trio : apport théorique, exercice pratique, évaluation.

Depuis, la pédagogie inversée a réussi à bousculer les convictions sur la façon d’apprendre, l’apprentissage par la pratique également. Ces méthodes innovantes ont certes déjà été utilisées par le passé, mais trop rarement.

Le Digital Learning apporte un vent de fraîcheur en y faisant largement recours, mais en ajoutant également, l’apprentissage par les pairs, l’apprentissage informel, la co-construction de savoirs, le User Generated Content,

Quand on ajoute à ce cocktail pédagogique rafraîchissant l’autonomie, la responsabilisation de l’apprenant, le droit à l’erreur et la bienveillance, certains diront que c’est le retour des pratiques baba-cool post soixante-huitardes. Grincheux !

 

Lâcher prise sur la technique

La technologie n’est pas à mettre entre toutes les mains. Vraiment ? Pensez-vous que tous les producteurs de vidéos pédagogiques sont des professionnels de l’audiovisuel, que tous les auteurs de présentations avec Genial.ly sont des pros du multimédia, que les animateurs de podcasts sont des journalistes radio ?

Bien sûr par rapport à un amateur éclairé un professionnel de la vidéo saura mieux gérer la prise de vue avec un smartphone, un infographiste gèrera mieux la création d’illustrations, un développeur produira de meilleurs jeux avec Scratch, un ingénieur du son sera plus à l’aise avec une console Rodecaster, mais ces outils ne sont pas réservés aux pros, et heureusement.

La technologie peut faire peur, effectivement le ticket d’entrée pour accéder aux bons outils, réussir à les utiliser et à en tirer des contenus ou des activités pédagogiques utiles coûte quelques heures d’investissement, un peu de découragement. Mais quand on accepte de transpirer un peu, de s’agacer, de rater, de jeter et de recommencer plusieurs fois, la réussite est au bout.

Mais la route du Digital Learning n’est pas uniquement pavée de technologie. Cartesia Education par exemple, utilise des outils simples, mais très performants, qui permettent aux professeurs de se concentrer sur la pédagogie plutôt que sur la création lourde, complexe et coûteuse de contenus digitalisés.

Alors, ne faites pas trop de cas de la technologie, elle est à votre disposition, à votre service, et n’est pas un but en soi.

 

« Inventer, c’est penser à côté. » — Albert E.