Digital (di.ʒi.tal) : baguette magique numérique capable de tout transformer. Les évangélistes du digital disent qu’il décloisonne, qu’il rassemble, qu’il simplifie, qu’il enrichit. Mais « en même temps » © il interroge, il agite, il agace, il inquiète, parce que ce n’est pas qu’un changement d’outils, mais une refonte de nos modèles, de nos croyances. La formation historiquement animée par l’humain est particulièrement concernée par la digitalisation. Alors, comment concilier digital et humain ?

Digital vs humain : 1-0

Face aux besoins de formation qu’on ne cesse de voir enfler, le digital s’annonce grand gagnant. Les chiffres annoncés par YouTube ou les MOOCs ne sont même pas effrayants, ils sont tout simplement ahurissants. Comment persister à vouloir faire de la formation « en face à face » et individualisée contre cette force de frappe gigantesque ?

D’autant plus qu’à bien y regarder, certaines vidéos sont des perles de pédagogie, et quelques MOOCs également (pub).

Au petit jeu de combien de personnes peux-tu former en 1 jour, le digital bat à plate couture n’importe quel formateur même bien entraîné.

Le digital est donc le grand gagnant des formations de masse, où le volume est le principal critère de choix de la modalité employée.

Humain vs digital : 1 partout

Fort heureusement, si former était principalement une activité solitaire, il y a longtemps que les salles de cours ou de formation seraient vides. Or, ce n’est ni le cas ni la tendance. Ouf !

Se former, c’est en premier observer, analyser, explorer pour comprendre, puis essayer de reproduire, s’entraîner pour transformer la connaissance en compétence. Ce cycle ne peut fonctionner sans aide extérieure, sans correction, sans encouragement, sans feedback.

Actuellement, les outils digitaux arrivent tout juste à corriger intelligemment un quiz, alors, de là à ce qu’un algorithme aussi intelligent soit-il soit capable de corriger une copie ou un entretien commercial, les formateurs peuvent dormir tranquilles, la formation a encore besoin d’eux.

Par contre, pour répondre sans s’épuiser aux répétitives questions des apprenants sur les principales incompréhensions d’une formation réglementaire, des petits robots bien éduqués et entraînés remplaceront avantageusement un humain au bord de la crise de nerfs après avoir répondu un bon millier de fois à la question « c’est bien vrai ? l’heure de CPF n’est qu’à 15 € ?”.

Ah zut, égalité entre l’humain et le digital dans l’accompagnement.

Le digital au service de l’humain : le duo gagnant

Allo le digital ? on a besoin de toi !

Voilà ce que doivent se dire les responsables formation, les formateurs, les apprenants, les managers de centre de formation, les responsables d’organismes… Arrêtons d’opposer le digital et l’humain, il faut s’apprivoiser, apprendre à cohabiter, s’apprécier, s’entre-aider.

Quel formateur ou enseignant ne rêve pas de s’alléger des pénibles répétitions (voire des rabâchages) sur les connaissances de base et de pouvoir consacrer plus de temps à l’accompagnement individuel, à la conception de nouveaux cas, à (re)mettre à niveau ses connaissances d’expert ?

Le digital le permet, en facilitant la capitalisation des connaissances, en les rendant disponibles à tous et à tout moment, en automatisant certaines tâches ingrates et chronophages, en s’affranchissant de l’espace et du temps.

Alors, elle vous tente cette baguette magique ?

 

 

« L’ennemi est bête : il croit que c’est nous l’ennemi alors que c’est lui ! » — Pierre Desproges