France compétences : l’État coupe le robinet, zéro euro en 2027
Publié le : ven 30 octobre 2026Views: 1

Publié dans : Méthodes et organisation

C’est écrit noir sur blanc dans le Jaune budgétaire publié le 13 octobre 2026. En 2022, l’État donnait 4 milliards d’euros à France compétences. En 2027, il ne donnera rien. Pour comprendre ce que ça change, il faut d’abord comprendre à quoi sert France compétences et d’où vient son argent.

96 salariés pour piloter 12 milliards : qui est vraiment France compétences ?

France compétences est née de la loi du 5 septembre 2018 « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ». C’est un établissement public placé sous la tutelle du ministère du Travail.

Sa gouvernance est à quatre voix. L’État, les syndicats de salariés, les organisations patronales et les Régions siègent au conseil d’administration, avec des personnalités qualifiées.

Elle a trois métiers :

  1. Répartir l’argent. Elle reçoit les contributions formation des entreprises et les redistribue aux OPCO, à la Caisse des dépôts (pour le CPF), aux Transitions Pro, aux fonds des indépendants et aux opérateurs du conseil en évolution professionnelle.
  2. Réguler l’apprentissage. Elle calcule les coûts de référence qui servent à fixer combien est payé chaque contrat d’apprentissage.
  3. Tenir les répertoires. Le RNCP et le Répertoire spécifique, qui déterminent quelles certifications sont finançables.

Pour gérer plus de 12 milliards d’euros, elle compte 96 salariés et 25,3 M€ de budget de fonctionnement en 2026.

10,9 milliards par an : la facture formation que paient toutes les entreprises

La source principale, c’est la CUFPA, la contribution unique à la formation professionnelle et à l’alternance. Toutes les entreprises la paient avec leurs cotisations sociales. L’Urssaf ou la MSA la collecte chaque mois, puis la reverse à France compétences.

Pas de nouvelles recettes, mais cinq coups de rabot

France compétences n’a pas trouvé de nouvelles recettes. Elle a coupé dans les dépenses : de 15,6 Md€ en 2022 à 12,2 Md€ en 2026, soit -22 %. Les principaux coups de rabot :

  • Le CPF. Reste à charge de 100 € en 2024, puis 150 € en 2026. Plafonds en 2026 : 1 500 € pour le Répertoire spécifique, 900 € pour le permis, 1 600 € pour le bilan de compétences. Près de 900 M€ d’économies attendues en 2026.
  • L’apprentissage. Paiement au prorata des jours de contrat, 750 € à la charge de l’employeur pour les niveaux bac+3 et plus, 20 % de moins pour les formations à distance, plafond de 11 000 € pour les niveaux 5 à 7.
  • Les Régions. L’aide aux CFA passe de 318 M€ à 33 M€.
  • Les demandeurs d’emploi. L’enveloppe versée à l’État pour leur formation passe de 800 M€ à 527 M€.
  • Les OPCO. 80 M€ de frais de gestion en moins en 2026, puis 20 M€ en 2027.

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